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900 emplois menacés chez le fabricant français de papier Sequana

Les actifs concernés par la procédure de sauvegarde comptent "des marques renommées en papiers fins haut de gamme et en papiers graphiques recyclés", ainsi qu"un "outil industriel unique dans la production de pâte à papier 100% recyclée".

Les actifs concernés par la procédure de sauvegarde comptent "des marques renommées en papiers fins haut de gamme et en papiers graphiques recyclés", ainsi qu"un "outil industriel unique dans la production de pâte à papier 100% recyclée". - ArjoWinggins/Sequana

Le papetier français Sequana va demander l'ouverture d'une procédure de sauvegarde et le placement en redressement judiciaire de certaines unités de sa filiale de fabrication Arjowiggins, totalisant 906 emplois en régions. Bpifrance est actionnaire à 15,4% du groupe français.

Mauvaise nouvelle sur le front de l'emploi et pour Bpifrance, actionnaire à 15,4%: le groupe papetier français Sequana va demander l'ouverture d'une procédure de sauvegarde et le placement en redressement judiciaire de certaines unités de sa filiale de fabrication Arjowiggins. Ces procédures concernent les trois unités de la filiale Arjowiggins Graphic: les usines de Bessé-sur-Braye et Le Bourray dans la Sarthe (72) et l'usine de Greenfield, à Château-Thierry dans l'Aisne (72), qui totalisent 906 emplois.

Le site de Greenfield (150.000 tonnes par an), construit en 1997, est "leader européen en pâte recyclée de très haute qualité", selon Arjowiggins. Fondée en 1824, l'usine de Bessé-sur-Braye (320.000 t/an) fabrique en particulier des papiers couchés de spécialité et des papiers laminés, tandis que l'usine du Bourray (100.000 t/an), créée en 1848, produit notamment des papiers de bureau. Ces trois sites emploient 568 salariés à Bessé-sur-Braye, 262 à Le Bourray et 76 à Greenfield, selon les données d'Arjowiggins.

Le tribunal de commerce de Nanterre statuera le 8 janvier

Sequana fait valoir que les actifs concernés par la procédure de sauvegarde comptent "des marques renommées en papiers fins haut de gamme et en papiers graphiques recyclés", ainsi qu"un "outil industriel unique dans la production de pâte à papier 100% recyclée

Les demandes de procédures seront examinées mardi 8 janvier par le tribunal de commerce de Nanterre. Le groupe souligne que la mise en sauvegarde ou en redressement judiciaire doit permettre de rechercher "toutes les solutions favorisant la poursuite de l'activité des divisions Graphique et Papiers de création d'Arjowiggins dans le cadre d'un plan de reprise pérenne".

La vente de ces activités au Finlandais Finaska a échoué

Cette demande de placement en redressement judiciaire intervient quelques jours après que le groupe papetier diversifié a renoncé au projet de cession au Finlandais Finaska des deux principales entités (plus de 90% des ventes) de sa filiale Arjowiggins, à savoir les activités Graphique et Papiers de création. Le groupe papetier invoque, pour expliquer cet échec, "la dégradation des conditions de marché, frappées notamment par des hausses successives et très significatives du prix de la pâte et, dans une moindre mesure, de l’énergie".

Sequana rappelle avoir déjà mené en 2014 "une lourde restructuration" de ses activités de papiers d'impression et d'écriture chez Arjowiggins, ce qui avait permis le retour à un flux de trésorerie positif en 2017. Mais depuis, Arjowiggins a été confronté à "une augmentation inédite et continue" du prix de la pâte à papier qui a atteint un niveau historiquement le plus élevé ces derniers mois. Le groupe n'a pas pu compenser cette hausse dans ses prix de vente, dans un marché souffrant de trop grandes capacités.

Frédéric Bergé avec AFP