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Fusion entre Commerzbank et Deutsche Bank : décision imminente

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- - Frank Rumpenhorst / dpa / AFP

Le président du directoire de Commerzbank s'est engagé auprès de ses salariés à prendre rapidement une décision sur une éventuelle fusion avec Deutsche Bank.

« Je peux vous promettre que nous nous efforcerons de réduire autant que possible cette période d'incertitude et que nous travaillerons dur pour qu'une décision soit prise rapidement ». C'est par ces mots que Martin Zielke président du directoire de Commerzbank s'est adressé aux employés de la banque allemande.

Deutsche Bank et Commerzbank avaient confirmé il y a une semaine avoir engagé des discussions en vue d'une possible fusion, mais les deux premières banques allemandes ont prévenu que l'issue des négociations était tout sauf certaine.

Le président du directoire de Deutsche Bank, Christian Sewing, aux commandes du groupe bancaire depuis avril dernier, a conduit l'établissement en difficulté à son premier bénéfice en quatre ans. Selon une source proche du dossier, Christian Sewing verrait de nombreux avantages dans une fusion, notamment en termes de domination sur le marché allemand, d'échelle et de partage des coûts technologiques. Le président du directoire de Deutsche Bank estimerait aussi qu'une entité fusionnée améliorerait ses coûts de financement.

L'agence de notation Moody's estimait cette semaine qu'un rapprochement entre Deutsche Bank et Commerzbank pourrait permettre à la nouvelle entité d'accroître son bénéfice, mais que celui-ci resterait à la traîne de ses grands concurrents mondiaux. Le chantier de la restructuration lui prendrait du retard selon l'agence. « Nous considérons que les obstacles à la mise en oeuvre d'une telle opération sont très importants », estime Moody's.

Certains responsables politiques allemands plaident pour une fusion des deux établissements afin de créer un champion national susceptible de concurrencer les banques américaines et chinoises. Les autorités européennes de supervision du secteur sont plus réservées, estimant que les banques candidates à une fusion devaient s'assurer qu'elles ne constituent pas un risque systémique en cas de faillite.

Fusionnées, les deux banques donneraient naissance à un établissement bancaire de près de 1.800 milliards d'euros d'actifs au bilan, avec une capitalisation boursière cumulée d'environ 25 milliards d'euros. Le nouvel ensemble aurait une part de marché de 20% dans la banque de détail en Allemagne, avec un effectif de 140.000 personnes à travers le monde.

Une perspective qui inquiètent les syndicats. Selon eux, un mariage entre les deux banques menacerait quelque 30.000 emplois.

Sandrine serais avec Reuteurs