BFM Business

Total contribue à la mobilité inclusive, la mobilité accessible à tous

-

- - Pascal Laurent-Total

Aujourd’hui 7 millions de personnes, soit 20% de la population française, n’a pas accès à la mobilité. Or, celle-ci est un élément-clé de l’insertion dans la société, notamment professionnellement. D’où vient le problème, quels enseignements en tirer et quelles actions mettre en œuvre pour y remédier ? Depuis 2 ans, Le Laboratoire de la Mobilité Inclusive, né d’une initiative de l’association Wimoov et du Groupe Total, réunit 15 acteurs des sphères du public, du privé et de la société civile, avec pour mission d’apporter des réponses à ces questions. #MakesThingsBetter

Le Laboratoire de la Mobilité Inclusive: une contribution collective pour des solutions concrètes :

Ses missions:

  • Rassembler les acteurs publics, privés et la société civile pour faire émerger les enjeux et défis de la mobilité dans le débat public et les solutions à déployer. 
  • Fournir des données et des analyses objectives. 
  • Concevoir des solutions de mobilité accessibles à tous: Le Laboratoire de la Mobilité inclusive contribue à la conception de solutions de mobilité innovantes, pratiques, durables et adaptées aux problématiques identifiées. 

En 2 ans, plusieurs études ont permis de mieux comprendre la situation :

  • Étude sur la mobilité des seniors en France, réalisée par le cabinet Auxilia, en 2014
  • Benchmark international de la mobilité inclusive, réalisé par le cabinet Chronos, en 2014 
  • Étude "Mobilité, insertion et accès à l’emploi", Wimoov-Total, cabinet Auxilia, en 2013

Chaque fois, des recommandations sont développées afin d’orienter la créativité des parties prenantes vers des solutions. Ces recommandations sont ensuite reprises en groupe de travail au sein du Laboratoire, afin d’identifier des pistes concrètes de développement. 

Afin d’illustrer ce projet, nous avons interrogé Damien Desjonquères, Direction Développement Durable et Responsable Mobilité Inclusive chez Total:

Selon vous, quels sont les principaux freins à la mobilité inclusive aujourd’hui ?

Au-delà des constats sur les freins financiers, on constate une difficulté sociale: même dans des pays développés comme la France, de fortes contraintes cognitives ou psycho-sociales excluent de la mobilité un nombre important d’individus. Difficultés à lire, à pratiquer la langue, à se repérer sur un plan de métro, à changer deux ou trois fois de moyen de transports, méconnaissance des dispositifs sociaux existants… Pour toutes ces raisons, les personnes concernées ne peuvent accéder aux biens et services de base, y compris, évidemment, à l’emploi. Agir sur ces paramètres serait une étape essentielle socialement et économiquement bénéfique.

Pourquoi cette implication de Total sur le terrain de la mobilité ?

Total, en tant qu’acteur de l’énergie, est aussi acteur de la mobilité. Notre intérêt est double: apporter notre contribution dans la résolution des enjeux sociaux et inventer de nouvelles solutions de mobilité accessibles à tous qui feront notre avantage différenciant dans l’avenir.

Comment imaginez-vous la mobilité dans la ville de demain ? 

Ce n’est pas le rôle du Laboratoire que de se prononcer sur les motorisations du futur. Notre volonté est en revanche de rappeler que les espaces urbains, péri-urbains et ruraux sont très inégalitaires en termes d’accès à la mobilité. Ces deux derniers, doivent constituer la priorité en termes de mobilité inclusive. Mais, même pour la ville, il faut se rappeler que le maillage de transport, aussi dense soit-il, n’est pas accessible à tous. Un travail doit être mené pour le rendre accessible aux populations fragiles, dans un esprit de conception universelle et inclusive.

Quelles sont vos prochaines actions ?

Le Laboratoire a de grandes ambitions pour 2015. Porter les messages auprès des décideurs politiques, économiques et sociaux, accompagner les entrepreneurs sociaux dans ce domaine, améliorer leur modèle économique et créer davantage de liens entre mobilité inclusive et inclusion numérique sont des priorités.

Dans le court terme, nous allons ouvrir avec Wimoov deux plateformes de mobilité: l’une au Havre le 18 décembre et l’autre dans le bassin Mosellan à Saint-Avold.

Quelques éléments de compréhension des études

Mobilité, insertion et accès à l’emploi:

Etude réalisée sur 1000 personnes en insertion, accompagnateurs et employeurs interrogés.
Etude réalisée sur 1000 personnes en insertion, accompagnateurs et employeurs interrogés. © Total

Mobilité: les raisons de l’exclusion:

  • Le frein économique et matériel est l’obstacle le plus important à la mobilité: le transport représente le 2e poste de dépense des ménages (15% du budget selon l'INSEE, généralement liés à la voiture).
  • La barrière géographique joue un rôle déterminant : 1 Français sur 2 habite en dehors des zones urbaines, moins pourvues en transport et plus éloignées des zones d’emploi. 

Premier enseignement: la prévalence de la "double peine" subie par les personnes en situation de précarité, qui en plus d’être localisés en dehors des zones d’embauche, ont de surcroît moins de moyens de transport à leur disposition.

Étude réalisée sur 1000 personnes en insertion, accompagnateurs et employeurs interrogés.
Étude réalisée sur 1000 personnes en insertion, accompagnateurs et employeurs interrogés. © Total

La mobilité comme facteur clé d’insertion et d’accès à l’emploi:

Concernant l’embauche et le maintien dans l’emploi, la mobilité est un critère déterminant. 70% des personnes interrogées déclarent avoir peur de perdre leur emploi s’il y avait une défection de leur mode de transport actuel. La possession ou non d’un permis de conduire est un critère hautement discriminant pour les employeurs, de même que la distance domicile-travail. 50% des candidats en insertion ont déjà refusé un poste ou une formation sur des critères de mobilité, et 28% ont déjà perdu un emploi ou une formation pour les mêmes causes.

Des solutions existent, mais la répartition des tâches entre les acteurs est complexe. Elles sont encore beaucoup trop souvent développées pour les actifs urbains au détriment des habitants péri-urbains, par ailleurs encouragés à s’installer à la périphérie des villes par les politiques d’aménagement du territoire. Beaucoup d’aspects sociaux et d’organisation des éléments en place posent problème et pourraient être améliorés, bien que de nombreuses solutions déjà efficaces soient mises en place, comme l’aide au permis B, les aides pédagogiques, le microcrédit, le covoiturage, les ateliers mobilité etc.

Lire la synthèse de l’étude ici

Focus sur les seniors

En 2060, les plus de 60 ans représenteront plus de 30% de la population française (Source INSEE), un vieillissement démographique à anticiper en termes de mobilité. En effet, les séniors doivent pouvoir se déplacer pour couvrir leurs besoins quotidiens (alimentation, loisirs, lien social), mais aussi pour veiller sur leur santé (se rendre chez le médecin, à la pharmacie etc.).

Se focaliser sur les séniors, pourrait être perçu comme une erreur, cependant, trouver des solutions pour eux profite à un bien plus grand nombre d’individus: les personnes à mobilité réduite, les femmes enceintes ou voyageant avec des enfants, les personnes malades et, tout simplement, l’expérience quotidienne de tous les voyageurs. La prise en compte des séniors de demain bénéficie donc à une bien plus large proportion de la population. 

Lire la synthèse ici

La mobilité inclusive à l’international

Si la dénomination n’est pas toujours identique, la problématique est commune à de nombreux pays. Le Laboratoire de la Mobilité Inclusive s’est penché sur le cas du Royaume-Uni, du Danemark, du Canada et du Japon.

Dans ces 4 pays, la configuration du territoire implique des approches différentes. Le panel des solutions proposées se décline du niveau local au niveau national. Les solutions les plus originales s’appuient sur de la pédagogie et reposent majoritairement sur la sollicitation de la communauté, impliquant l’ensemble des parties prenantes.

Lire la synthèse ici

Y.C.