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Ségolène Royal poursuit sa lutte contre l'usage des pesticides

Les services de la ministre de l'Environnement ont préparé plusieurs arrêtés encadrant plus strictement l'usage de produits chimiques et phytosanitaires en France. (image d'illustration)

Les services de la ministre de l'Environnement ont préparé plusieurs arrêtés encadrant plus strictement l'usage de produits chimiques et phytosanitaires en France. (image d'illustration) - Patrick Kovarik - AFP

La ministre de l’Environnement a dévoilé de nouvelles initiatives visant à lutter davantage contre l'usage des produits chimiques.

Restrictions sur le Bisphénol A, les néonicotinoïdes, les épandages... Ségolène Royal et le ministère de l'Environnement viennent de lancer une campagne d’information intitulée "Zéro pesticide: c’est mille fois mieux pour ma santé et notre planète" espérant ainsi "élargir la prise de conscience" existante quant à l’impact de ces substances sur la santé et l’environnement. 

Après une "rédaction compliquée", le décret concernant l'interdiction des principales substances néonicotinoïdes au 1er septembre 2017 vient d'être mis en consultation a indiqué le ministère. Les principales molécules de cette catégorie de produits seront interdites. Les dérogations possibles, jusqu'en 2020, seront octroyées au cas par cas "pour une culture spécifique et lorsqu'il n'y aura vraiment aucune alternative à court terme" a précisé Marc Montureux, directeur général de la prévention des risques.

En parallèle, les services du ministère de l'Environnement préparent deux autres arrêtés. L'un portant sur l'interdiction du Bisphénol A dans les jouets et l'autre concernant l'obligation de mentionner la présence de nanoparticules dans les produits de consommation. Ségolène Royal s'est également engagée à agir pour que le prochain arrêté qui sera pris sur les épandages comprenne une distance minimale à respecter avec les riverains des zones agricoles. À la plus grande satisfaction des ONG, dont Générations futures. 

La loi a déjà fait évoluer certaines pratiques

En 2015, l'utilisation des pesticides pour les usages non agricoles a enregistré une baisse de 14% a souligné Ségolène Royal. Un mouvement qui devrait s'accélérer, la loi obligeant depuis le depuis le 1er janvier 2017 les collectivités, l'État et les établissements publics à ne plus utiliser de produits chimiques pour entretenir les espaces verts et la voirie. Des centaines de communes ont déjà pris les devants et utilisent par exemple des techniques de désherbage sans produits chimiques. D'autres ont amorcé un virage, via la formation, la communication avec les citoyens et l'aide des agences de l'eau.

"Nous avons décidé de faire différemment et nous avons arrêté de sulfater des produits mortifères depuis 2014", a témoigné Jean-Michel Teulière, maire de Saint-Bonnet-les-Tours (Corrèze), "une commune de 39 habitants, dont un tiers sont des agriculteurs traditionnels".

Des progrès dans l'agriculture sont encore attendus 

Pour les particuliers, l'accès au pesticides s'est également compliqué. Depuis le début de l'année ces produits ne sont plus disponibles en libre accès dans les rayons des magasins spécialisés et des jardineries. Pour acheter par exemple du Roundup, l'herbicide le plus répandu, il faut demander à un vendeur. Un pas supplémentaire sera franchi en 2019, la loi sur la transition énergétique prévoyant une interdiction totale des pesticides pour le grand public, qui devra se tourner vers des techniques manuelles et des produits autorisés en agriculture biologique.

Mais 90% des pesticides restent utilisés dans l'agriculture. Aussi, des progrès dans ce secteur sont absolument nécessaires. Ces dernières années, il n'ont pas été au rendez-vous en dépit de la mise en place des plans Écophyto. 2015 a toutefois vu une baisse des traitements chimiques de 2,7% qui doit se poursuivre pour atteindre l'objectif d'une réduction de 50% d'ici 2025 par rapport à 2008. 

A.M. avec AFP