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OGCI: dix majors du pétrole agissent pour le climat

Les dirigeants de l'OGCI mobilisés pour le climat

Les dirigeants de l'OGCI mobilisés pour le climat - Total

Total est l’un des dix membres de l’OGCI, un collectif d’industriels pétroliers et gaziers qui souhaitent inscrire la stratégie de leurs entreprises en droite ligne avec l’objectif de réduire leur empreinte sur le climat. Ils se sont retrouvés à Paris le 16 octobre dernier pour rendre publique une déclaration commune qui rappelle le contexte, les efforts réalisés et trace une feuille de route pour l’avenir.

Oil and Gas Climate Initiative, pour quoi faire ?

L’OGCI est une initiative très récente. Les premières discussions, menées par une poignée de ténors de l’industrie pétrolière et gazière mondiale, se sont tenues pendant le Forum Économique Mondial de Davos en 2014. Elles ont débouché sur la création de l’OGCI lors du Sommet Climatique de l'ONU à New York, le 23 septembre 2014.

Ses dix membres, qui représentent environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz, ont en commun d’avoir intégré le risque climatique comme un enjeu de l’économie mondiale. De fait, leurs sociétés respectives s’inscrivent dans la mouvance internationale qui souhaite limiter le réchauffement global sous les 2°C.

Très souvent désignée comme une partie des problèmes, l’industrie pétrolière souhaite aujourd’hui démontrer qu’elle peut être partie des solutions. Dans cet esprit, l’OGCI veut partager ses engagements, communiquer ses actions et développer ses investissements de long terme. Une vision innovante pour l’industrie pétro-gazière.

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Les CEOs présents à l'événement : Helge Lund (BG Group), Bob Dudley (BP), Claudio Descalzi (Eni), Emilio Lozoya (Pemex), Josu Jon Imaz (Repsol), Amin Nasser (Saudi Aramco), Eldar Sætre (Statoil), Patrick Pouyanné (Total).

Les CEOs membres de l'OGCI non photographiés: Mukesh Ambani (Reliance Industries), Ben van Beurden (Royal Dutch Shell). 

Une déclaration commune pour peser avant la COP21

Le 16 octobre dernier, à Paris, l’OGCI a réuni la quasi-intégralité de ses membres pour rendre publique une déclaration commune. Véritable feuille de route pour les entreprises signataires (voir encadré), cette déclaration "engage nos sociétés" comme le rappelait Patrick Pouyanné. Elle précise également que c’est principalement la technologie qui pourra apporter les solutions à l’avenir et, que sur ce point, "nous préférons collaborer plutôt que nous concurrencer" ajoutait le directeur général du groupe Total.

Mais cette déclaration commune rappelle également une série de points importants.

Le premier, c’est que les entreprises de l’OGCI ont déjà mené des actions significatives en faveur de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Celles-ci ont diminué d'environ 20% sur l'ensemble de leurs opérations au cours des dix dernières années. Des investissements significatifs ont été réalisés dans le gaz naturel, le captage et le stockage de CO2 (CSC), les énergies renouvelables, ainsi que dans la recherche et l’innovation pour réduire les émissions de GES. Ceci inclut la réduction de moitié du torchage de routine entre 2008 et 2014. Sur ce point, Patrick Pouyanné notait que "ce sont les chiffres qui parlent. Ils sont la preuve de l’engagement et de la tendance. Nous avons baissé de 20% nos émissions de gaz à effet de serre et nos investissements dans le secteur du renouvelable, sur les trois dernières années, se montent à plus de dix milliards de dollars".

Une analyse pragmatique qui, et c’est le deuxième point, n’oublie pas que notre monde a besoin de toujours plus d’énergie. La croissance démographique et économique devrait pousser la demande à hauteur de +33% d’ici 2030. Le défi pour les fournisseurs est donc de fournir plus d’énergie, ceci incluant un accès à l’énergie pour ceux qui en manquent, tout en rejetant moins de CO2.

Si les investissements actuels - gaz, énergies renouvelables et technologies de réduction des GES - permettront de baisser fortement le coût et l'impact sur le climat pour les générations futures, les signataires de l’OGCI souhaitent également que la COP21 les aide à relever ces défis et les mette sur la voie pour répondre au changement climatique. En d’autres mots, que les prochaines négociations sur le climat aboutissent à des engagements qui permettront de donner une lisibilité et une stabilité aux investissements réalisés.

"Ni les actions de l’OGCI, ni celles de tout autre secteur industriel agissant seul, ne peuvent suffire à répondre aux enjeux du changement climatique. Cela ne pourra être atteint que si chaque composante de la société́ contribue à son niveau" concluait Bob Dudley, Président de BP. En précisant "qu’il faudra du temps pour la transformation des modèles énergétiques". 

Il reste à souhaiter à l’OGCI de voir le nombre de ses membres s’accroitre rapidement, ce qui serait un signe fort de l’engagement de la profession à lutter contre le changement climatique.

* Oil and Gas Climate Initiative regroupe dix membres dont : BP Group, BP, Eni, PEMEX, Reliance Industries, Repsol, Saudi Aramco, Shell, Statoil et Total. 

Les actions sur lesquelles s'engagent les membres de l'OGCI : 

Efficacité 

  • Optimiser nos opérations en amont et aval, en mettant particulièrement l'accent sur l'efficacité énergétique. 
  • Améliorer l'efficacité énergétique de nos carburants et autres produits finaux afin de réduire leur empreinte GES
  • Travailler avec les constructeurs automobiles et les consommateurs à l'amélioration de l'efficacité énergétique des véhicules. 

Gaz naturel 

  • Contribuer à la croissance de la part du gaz naturel dans le mix énergétique. 
  • Garantir que le gaz naturel que nous fournissons, destiné à la production d'électricité, rejette moins d'émissions sur l'ensemble du cycle de vie que les autres carburants fossiles. 
  • Eliminer le torchage de routine de nos opérations.
  • Réduire les émissions de méthane de nos opérations. 

Solutions à long terme

  • Investir davantage dans la R&D et l'innovation technologique pour réduire les émissions de GES. 
  • Etablir et prendre part à des partenariats publics et privés pour faire avancer le déploiement du CSC. 
  • Contribuer à l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial et explorer de nouveaux modèles économiques. 

Accès à l'énergie 

  • Donner accès à l'énergie à davantage d'individus, en partenariat avec les autorités locales et nationales ainsi qu'avec d'autres parties prenantes. 

Partenariats et initiatives plurilatérales 

  • Identifier des opportunités pour accélérer la mise en oeuvre de solutions visant à lutter contre les changements climatiques, en travaillant seul ou à plusieurs, en collaboration avec les Nations unies, d'autres organisations multilatérales, les gouvernements et la société civile : - IPIECA (International Petroleum Industry Environmenta Conservation Association). L'association mondiale de l'industrie pétrolière et gazière pour les questions environnementales et sociétales.  -    l'Initiative Sustainable Energy for All (SE4ALL) -    la Global Methane Initiative -    la Banque mondiale et son initiative Oil & Gas Methane -    le Carbon Sequestration Leadership Forum  -    le World Business Council for Sustainable Development et son initiative Low-carbon Technology Partnerships, en particulier sur le captage et le stockage de CO2 -    le Pacte mondial des Nations unies et le programme Caring  for Climate
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