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Luc Oursel: "l'EPR finlandais est une réelle difficulté pour Areva"

Luc Oursel a détaillé les difficultés rencontrées par Areva sur le chantier de l'EPR

Luc Oursel a détaillé les difficultés rencontrées par Areva sur le chantier de l'EPR - -

Le président du directoire d'Areva était l'invité de BFM Business, ce jeudi 27 février. Il est notamment revenu sur l'EPR finlandais pour lequel le groupe a passé une nouvelle provision de 425 millions d'euros.

Une nouvelle fois, l'EPR d'Olkiluoto (Finlande) a grevé les comptes d'Areva. Lors de la publication de ses résultats, mercredi 26 février, le groupe français a annoncé une provision de 425 millions d'euros pour couvrir les déboires liés à ce chantier. Ce qui porte le total des provisions passées par Areva au titre de cet EPR à 3,85 milliards d'euros.

"L'EPR est une difficulté réelle pour Areva, mais il faut remettre cela dans un cadre global: Areva est un groupe en redressement et en 2013 nous sommes à l'équilibre en cash, cela n'était plus arrivé depuis huit ans", a expliqué Luc Oursel, le président du directoire du groupe, invité de BFM Business ce jeudi 27 février.

"Nous sommes en train d'arriver près d'une phase critique qui est la phase des essais. Dans cette phase, c'est à l'exploitant de prendre ses résponsabilités", a-t-il expliqué, citant l'exemple d'une voiture: "c'est le chauffeur qui [la] teste, pas le vendeur".

Or "nous n'arrivons pas à obtenir des engagements clairs de la part de notre client pour tout ce qu'il doit faire durant cette phase", a poursuivi Luc Oursel. "Nous sommes donc obligés de prendre des précautions".

Des "effets de série bénéfiques"

Luc Oursel a concédé avoir des "relations contractuels difficiles" avec son client privé, TVO, ce qui a amené le consortium construisant l'EPR à réclamer devant les tribunaux 2,7 milliards d'euros de compensations.

"Ce chantier de l'EPR finlandais était le premier et nous savions qu'il y aurait un certain nombre d'apprentissages à faire", a continué le président du directoire d'Areva.

"Il y a en ce moment des équipes communes d'EDF et d'Areva qui travaillent pour tirer ce retour d'expérience et préparer le projet britannique ainsi que les offres à venir en Pologne et peut-être en Arabie Saoudite", a-t-il ajouté. Selon lui, les futurs projets français "bénéficieront de ces effets de série" et donc de ces coûts d'apprentissage.

"Ne pas opposer une solution à une autre"

Ce qui servira l'Etat Français. "Lorsque le gouvernement aura à faire ce choix entre prolonger la durée ou créer de nouvelles centrales nucléaires, il aura les éléments économiques en main pour prendre ses décisions", a avancé Luc Oursel.

Pour sa part, le président du directoire d'Areva a appelé à faire preuve de pragmatisme. "Il faut faire un choix équilibré entre les différentes composantes" et "ne surtout pas opposer une solution à une autre", a-t-il déclaré.

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J.M.