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Les Français consomment toujours plus d'électricité

Chaque année, les Français consomment toujours plus d'électricité. (image d'illustration)

Chaque année, les Français consomment toujours plus d'électricité. (image d'illustration) - Loïc Venance - AFP

Les Français ont consommé plus d’électricité en 2016 en raison du froid, tandis que la production de courant a reculé, pénalisée par l'arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires.

La consommation électrique française a augmenté de 1,5% pour s’établir à 483 térawattheures (TWh) l’an dernier, année bissextile qui a enregistré une température moyenne de 0,8 degré inférieur à celle de 2015 souligne RTE, le gestionnaire du réseau électrique à haute tension. Corrigée de l’effet météorologique, la demande est toutefois restée stable pour la sixième année consécutive, s’établissant à 473 TWh.

Une stabilité observée tant chez les particuliers que dans le secteur des PME/PMI et la grande industrie (hors secteur de l’énergie), où la hausse de la sidérurgie a compensé le repli de la chimie et du transport ferroviaire. Chez les petits consommateurs, les hausses attribuables à l’usage plus intense des appareils électroniques ou à l’augmentation du nombre de foyers ont été effacées par une efficacité énergétique accrue, par exemple un chauffage plus performant dans les logements neuf ou un électroménager moins énergivore.

Un pic de consommation observé le 18 janvier

Pour "un foyer français moyen, en regard de son équipement aujourd’hui, s’il était équipé avec tous les appareils électroménagers les plus performants sur le plan énergétique, on pourrait encore diminuer par deux la consommation de ce parc de matériel" explique Olivier Grabette, directeur général adjoint prospective, expertise et solutions de RTE. "Donc on voit qu’en termes d’efficacité énergétique, il y a encore un potentiel important" ajoute-t-il.

Selon RTE, le pic de consommation a été observé le lundi 18 janvier 2016 à 19 heures, avec une puissance de 88.571 mégawatts (MW), loin du record historique atteint durant la vague de froid de février 2012 (102.100 MW), tandis que le minimum s’est élevé à 30.584 MW le 7 août.

La production d'électricité a fortement chuté 

Face à cette demande, la production d'électricité s'est repliée de 2,8% pour atteindre 531,3 TWh, pénalisée par une baisse de 7,9% (384 TWh) de la production nucléaire nationale en raison de l'arrêt pour maintenance et contrôles de plusieurs réacteurs à partir de novembre a expliqué le gestionnaire du réseau électrique à haute tension. Faisant craindre pour la sécurité d'approvisionnement de la France, jusqu'à 21 des 58 réacteurs français avaient été stoppés fin 2016 par EDF, notamment afin de procéder à des contrôles destinés à démontrer la résistance de leurs générateurs de vapeur, qui présentaient une concentration excessive en carbone. 

La France a même connu un déficit d'offre en janvier 2017, avec 90.000 MW de capacités de production face à une consommation de 93.000 MW. Ce repli du nucléaire, principale source de production électrique dans l'Hexagone, a été partiellement compensé par une envolée du gaz et la montée en puissance des énergies renouvelables qui ont couvert 20% de la consommation française de courant en 2016. 

Une envolée des prix 

Conséquence de cette moindre disponibilité de l'atome, les exportations d'électricité de la France ont fortement diminué tout au long du second semestre, faisant chuter son solde exportateur de 36,6% pour s'établir à 39,7 térawattheures. Un plus bas depuis 2010. Sur le seul mois de décembre, l'Hexagone a même importé un peu plus de courant qu'elle n'en a exporté vers ses voisins (solde importateur de 0,13 TWh), une situation inédite depuis février 2012.

Durant cette période de tension, accrue par les indisponibilités de réacteurs en Belgique et en Suisse également, les prix de marché de l'électricité se sont envolés jusqu'à un sommet de 874 euros le mégawattheure (MWh) début novembre, pour un prix moyen de 36,75 euros/MWh sur l'année. 

A.M. avec AFP