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Les énergéticiens Eon et RWE assurent pouvoir éviter les licenciements secs

Les deux énergéticiens assurent ne pas vouloir faire le ménage dans les effectifs.

Les deux énergéticiens assurent ne pas vouloir faire le ménage dans les effectifs. - Rolf Venneneberd- AFP

Eon prévoit jusqu'à 5000 suppressions d'emplois étalées sur plusieurs années et qui seront réalisées sur la base de départs volontaires et accompagnés par le groupe. RWE, a estimé de son côté qu'il n'y aura pas ou très peu de réduction de personnel.

Une fusion sans casse sociale c'est ce que promettent les énergéticiens allemands RWE et Eon dans la foulée de leurs spectaculaires échanges d'actifs à venir. "Nos salariés sont parfaitement conscients que des emplois tombent lorsque certaines étapes sont franchies. On est toujours parvenu à ce jour à éviter des licenciements. Je suis très optimiste, cela va encore être le cas", a déclaré Johannes Teyssen, président du directoire d'Eon, lors d'une conférence de presse.

Eon prévoit jusqu'à 5000 suppressions d'emplois étalées sur plusieurs années et qui seront réalisées sur la base de départs volontaires et accompagnés par le groupe, qui comptera à terme 70.000 effectifs.

Rolf Martin Schmitz, président du directoire de RWE, a estimé de son côté qu'il n'y aura pas ou très peu de réduction de personnel alors que près de 3000 salariés vont grossir son groupe à l'issue des transactions réalisées avec Eon. Un plan de réduction d'effectifs est déjà en cours chez RWE dans la division des énergies conventionnelles.

Un montage soumis aux autorités de la concurrence

Cette opération complexe dévoilée dimanche, qui redistribue les cartes sur le marché allemand de l'énergie, passe d'abord par la cession à EON d'Innogy, filiale d'énergies renouvelables de RWE. EON doit d'abord acquérir 76,8% d'Innogy, une entreprise dédiée aux énergies renouvelables et détenue par RWE, pour 40 euros par titre.

Ensuite, RWE entrera en contrepartie dans le capital d'EON à hauteur de 16,67%, pour devenir le premier actionnaire de son rival historique et désormais partenaire. RWE ne pourra dans un premier temps aller au-delà de cette participation dans EON, mais leurs deux patrons n'ont pas voulu dire mardi si celle-ci était susceptible d'être augmentée à l'avenir.

Suite à ces opérations en capital, RWE va récupérer des actifs dans les énergies renouvelables d'Innogy ainsi que celles d'EON, tandis que les réseaux et portefeuilles clients d'Innogy resteront chez EON.

Ce montage par étapes, soumis aux autorités de la concurrence, devrait bouleverser le profil de ces deux géants aujourd'hui intégrés "verticalement", c'est-à-dire mêlant des activités de production et de distribution d'énergie.

C.C. avec AFP