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Les banques financent toujours massivement l'exploitation des sables bitumineux 

Les sables bitumineux, hydrocarbures non-conventionnels, sont particulièrement exploités au Canada. (image d'illustration)

Les sables bitumineux, hydrocarbures non-conventionnels, sont particulièrement exploités au Canada. (image d'illustration) - Cole Burston - AFP

Un rapport réalisé par des ONG environnementales, évalue à 115 milliards de dollars les sommes versées entre 2014 et 2017 par trente-trois grandes banques pour l'exploitation de ces hydrocarbures décriés pour le coût économique et environnemental de leur extraction.

Les banques renieraient-elles leurs engagements climatiques? À quelques jours de l'ouverture de la 23e conférence de l'ONU sur le changement climatique (COP23), un rapport réalisé par une douzaine d'ONG environnementales indique que trente-trois grandes banques ont accordé "plus de 115 milliards de dollars de financement" à des entreprises actives dans la production et le transport de sables bitumineux entre 2014 et fin septembre 2017. 

Les financements qu'elles ont accordé à ce secteur sur les trois premiers trimestres de 2017 "sont déjà 50% supérieurs à ceux engagés en 2016", affirment les auteurs du document dont Banktrack, Rainforest Action Network, Les Amis de la Terre France, Oil Change International. 

Les sables bitumineux sont décriés pour le coût économique et environnemental de leur extraction. Présent sous forme sablonneuse dans le sous-sol, le pétrole est produit au terme d'un long processus polluant et énergivore.

"Beaucoup de grandes banques" avaient pourtant "exprimé leur soutien" à l'accord de Paris par lequel la communauté internationale s'est engagée à limiter à 2°C la hausse de la température mondiale par rapport à l'ère pré-industrielle, rappellent les ONG.

Les banques canadiennes sont parmi les plus impliquées 

Sans surprise, les quatre banques les plus impliquées sont canadiennes (TD, RBS, CIBC, Bank of Montreal). Ce pays étant engagé dans l'exploitation de sables bitumineux dans l'Ouest de son territoire. Elles sont suivies par des banques américaines et britanniques.

Les sables bitumineux sont "très émetteurs de gaz à effet de serre, extrêmement coûteux à produire et difficilement reliés aux marchés", rappellent les ONG. Ils font aussi "partie des énergies fossiles les plus dévastatrices pour le climat et les populations autochtones", accusent-elles.

Sur les trente-trois banques citées dans le document, "seules cinq ont commencé à restreindre certains financements aux projets de sables bitumineux et seules trois ont également pris des engagements portant sur les entreprises du secteur", affirme le rapport.

Les ONG appellent les grandes banques privées toujours impliquées dans le financement des sables bitumineux à suivre l'exemple de BNP Paribas et d'ING, "seules banques internationales à avoir adopté des politiques d'exclusion portant non seulement sur les projets mais aussi sur les entreprises du secteur".

A.M. avec AFP