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Le patron de GDF Suez s'en prend à l'Europe de l'énergie

Pour Gérard Mestrallet,  "l'Europe est en train de détruire une partie de son industrie énergétique".

Pour Gérard Mestrallet, "l'Europe est en train de détruire une partie de son industrie énergétique". - -

Avec les dirigeants de huit industriels européens de l'énergie, Gérard Mestrallet dénonce l'échec de la politique énergétique de l'Union, dans une interview au Monde daté du mercredi 22 mai.

La Communauté européenne du charbon et de l'acier, créée en 1951, allait devenir la première pierre de ce qu'on appelle aujourd'hui l'Union européenne. Il était déjà question de mutualiser la production et les moyens énergétiques sur le Vieux continent. A l'époque, le charbon. Plus d'un demi-siècle plus tard, l'Europe de l'énergie est un "échec", estime Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez, dans Le Monde daté du mercredi 22 mai.

A la veille d'un sommet européen dont l'un des thèmes sera justement l'énergie, il a réuni les dirigeants de huit poids lourds européens du secteur. Parmi eux: l'Italien ENI, les allemands EON et RWE, l'Espagnol Iberdrola. Objectif: lancer un "appel solennel" aux dirigeants européens.

Il faut qu'ils redéfinissent "les ambitions et les moyens" de la politique énergétique européenne dans un marché complètement bouleversé par l'exploitation des gaz de schiste aux Etats-Unis. Ce que veulent les industriels de l'énergie: "de la visibilité, des règles stables et homogènes en Europe, des objectifs quantifiés en matière de lutte contre le réchauffement climatique".

Berlin dans le viseur des industriels

Pour Gérard Mestrallet et ses homologues, sur les trois objectifs qu'elle s'était donné -lutter contre le réchauffement climatique, améliorer la compétitivité et assurer la sécurité d'approvisionnement du continent- l'Europe a échoué.

Tout particulièrement dans le viseur du PDG du gazier: l'Allemagne. L'un de ces Etats qui prennent "leurs décisions dans leur coin", "sans prévenir personne", au risque de déstabiliser le secteur. Une référence à la décision unilatérale de Berlin de sortir du nucléaire après l'accident de Fukushima. Conséquence: de l'autre côté du Rhin, les émissions de CO2 ont recommencé à augmenter, souligne Gérard Mestrallet.

Concrètement, le PDG de GDF appelle à "renforcer les investissements de recherche dans les technologies d'avenir", pour "exploiter de manière propre le gaz de schiste", pour stocker l'énergie, et pour développer les réseaux intelligents.

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Nina Godart