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Laurence Parisot vante l'énergie pour relancer la croissance en Europe

Laurence Parisot a estimé que l'énergie peut relancer l'Europe.

Laurence Parisot a estimé que l'énergie peut relancer l'Europe. - -

La présidente du Medef a expliqué, ce jeudi 30 mai, que la croissance européenne peut être retrouvée en privilégiant un certain nombre "d'axes prioritaires". Au premier rang desquels figure l'énergie.

Alors que la croissance européenne est en berne, la solution pourrait provenir des avancées de l'Europe sur l'énergie. C'est en substance ce qu'a expliqué Laurence Parisot, ce jeudi 30 mai.

"Nous pouvons retrouver à l'échelle européenne le chemin de la croissance à condition de travailler sur un certain nombre d'axes prioritaires", a ainsi déclaré la présidente du Medef.

Parmi ces orientations, la question de l'énergie est "essentielle" à ses yeux. "C'est peut-être via une position, une pensée commune sur l'énergie que l'on pourra relancer l'Europe", affirme-t-elle.

La présidente du Medef s'exprimait juste avant la conférence commune entre Angela Merkel et François Hollande. Ces derniers se sont vus remettre le rapport Beffa-Cromme sur la compétitivité, dans lequel ils doivent puiser des idées pour faire des propositions lors du prochain sommet européen, de la fin juin.

Ce rapport, du nom de ses deux auteurs, Jean-Louis Beffa, président d'honneur de Saint-Gobain, et Gerhard Cromme, président du conseil de surveillance de Siemens, avance une trentaine de propositions et mises en garde pour la compétitivité européenne. L'énergie y fait figure de risque le plus important.

L'énergie, un risque important pour la compétitivité européenne

"Les coûts croissants de l'énergie en Europe, notamment en Allemagne, conduisent progressivement à un déplacement des industries à forte intensité énergétique et, par conséquent, à la suppression du premier maillon de la chaîne de valeur industrielle d'ensemble. C'est un des risques les plus importants en matière de compétitivité et de croissance pour nos pays", peut-on y lire.

"La divergence des visions énergétiques nationales n'est pas prise en compte de manière adéquate au niveau européen", déplorent les auteurs.

Ils recommandent à la France et l'Allemagne de "soutenir un programme commun de stockage de l'énergie". Par ailleurs, "l'Europe devrait œuvrer en faveur du développement des compétences industrielles et d'un cadre d'action pour le secteur des gaz non classiques", poursuivent-ils dans une allusion aux gaz de schiste.

Enfin, le rapport préconise de favoriser la création de "solides pôles de PME", dans le secteur des nouvelles énergies, dans l'objectif de faire naître des "champions européens".

Les industriels français appellent à agir

A côté de ce rapport, plusieurs grands noms français de l'énergie ont appelé les dirigeants européens à avancer dans le domaine de l'énergie. Mercredi, Henri Proglio estimait, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, qu' "en fait l'Europe n'existe pas au niveau de l'énergie, c'est une mosaïque.

"Chaque pays a sa politique, chaque pays a ses priorités, il n'y a encore une fois aucune coordination, on ne peut que progresser dans ce domaine", poursuivait-il.

Le patron d'EDF emboitait ainsi le pas à son homologue de GDF, Gérard Mestrallet, qui affirmait au Monde, le 21 mai dernier, que "l'Europe de l'énergie est jusqu'à présent un échec" et "qu'il faut agir". Comme les auteurs du rapport Beffa-Cromme, il appelait "à exploiter de manière propre le gaz de schiste".

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J.M. avec BFMTV