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La seconde vie des ampoules

Depuis le lancement de Recylum, 33.000 tonnes de lampes ont été collectées. L'éco-organisme vise un taux de recyclage de 65% en 2009.

Depuis le lancement de Recylum, 33.000 tonnes de lampes ont été collectées. L'éco-organisme vise un taux de recyclage de 65% en 2009. - Recylum

Savez-vous que vos ampoules peuvent devenir des cadres de vélo? 95% du poids d'une lampe se recycle. C'est une mine d'or. Le taux de collecte progresse mais les Français peuvent encore mieux faire.

Chaque année, 12 millions de lampes sont vendues en France: tubes fluorescents, lampes fluo compactes et lampes à Led. Tous ces produits se recyclent facilement. C'est l'éco-organisme Recylum qui s'en charge depuis 2006. Le taux de collecte atteint presque 45%. Selon Recylum qui mène des enquêtes régulières, ce sont près de 9 français sur 10 qui savent que les lampes se recyclent. Ils ont repéré les points de collecte mais le geste ne suit pas toujours. 4.000 meubles de collecte ont été installés dans les grands surfaces ainsi que des Lumibox plus petites. On en compte environ 10.000 dans toute la France. Une fois collectées, ces lampes partent en usine. Elles sont au nombre de 5 en France et une en Belgique. Artémise près de Troyes a vu le jour depuis peu. A l'origine de sa création, un entrepreneur engagé Jean-Marie Bailly qui a investi 5 millions d'euros 16 personnes y travaillent actuellement. L'objectif est de doubler à terme les effectifs.

Bientôt 65% de taux de collecte?

Ces lampes sont une vraie mine. Elles sont constituées à 88% de verre qui peuvent servir à fabriquer de nouvelles lampes. Dans une ampoule, vous trouvez aussi du plastique, des métaux comme de l'aluminium pour refaire les cadres de vélo par exemple et des terres rares si précieuses. Gallium, rhénium, germanium, hafnium, elles donnent leurs teintes aux ampoules. A partir de cette matière première, il est également possible d'élaborer des isolants.

L'usine Artémise est classée ICPE. Des mesures drastiques sont prises pour assurer la sécurité, 5.000 m3 d'air sont ainsi perpétuellement en mouvement pour éviter le dépôt de poussière de mercure. Recylum compte bien accélérer le mouvement, à l'heure où l'on parle de plus en plus d'économie circulaire. Le prochain objectif a été fixé à 65% de taux de collecte en 2019. Pour y arriver, les particuliers sont sollicités. Une campagne destinée aux urbains vient de s'achever car le réflexe de tri n'est pas toujours naturel en ville. Les Parisiens ont ainsi pu découvrir des affiches dans les métros.

Cibles: PME et BTP

Une campagne de sensibilisation est aussi lancée dans les écoles. Des défis sont organisés jusqu'au 15 mai 2015. Au programme, l'éducation au développement durable avec un CD Rom ou encore la création d'une Lumibox décorée par les enfants avec des dessins et des slogans de leur invention. Mais Recylum sait qu'il trouvera un grand gisement dans les entreprises. Sa cible: les PME du tertiaire en zone urbaine. "Les entreprises tertiaires n'ont pas conscience du gisement", explique Hervé Grimaud le directeur général de l'éco-organisme. Des bacs de collecte sont donc mis à disposition des entrepises. Recylum s'associe aussi avec les fournisseurs de matériel de bureaux pour proposer des services de collecte gratuits.

Autre enjeu: la démolition durable. La réglementation européenne a fixé un objectif de 70% de recyclage des déchets issus du bâtiment en 2020. Les déchets du second œuvre et notamment les éclairages sont peu triés et valorisés. On en compte 10 millions de tonnes. C'est tout l'enjeu du projet Démoclès. Vingt huit acteurs vont plancher pendant dix huit mois. Dix chantiers en Ile-de-France et en Rhône-Alpes serviront de base à l'amélioration de la dépose collective. 10.000 emplois pourraient ainsi être créés. Depuis le lancement de la filière autour de Recylum, ce sont 33.000 tonnes de lampes qui ont été collectées.

Nathalie Croisé