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La recette infaillible pour inciter les Français à recycler leurs déchets

Faire payer les citoyens en fonction du volume ou du poids d'ordures ménagères collectées permettrait de diminuer le volume de déchets générés. (image d'illustration)

Faire payer les citoyens en fonction du volume ou du poids d'ordures ménagères collectées permettrait de diminuer le volume de déchets générés. (image d'illustration) - Montage BFM Business

Selon l'Ademe, moduler la taxe d'enlèvement des ordures ménagères en fonction des quantités jetées permet de réduire les quantités de déchets collectés. Cette mesure, testée par plusieurs communes, va progressivement être généralisée à tous les Français.

Et si pour -enfin- réduire la quantité de déchets générés par les Français il fallait les frapper au porte-monnaie? Dans un rapport publié ce mardi 29 novembre, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) indique que payer sa facture d'enlèvement des ordures ménagères en fonction de la quantité de déchets jetés constitue un levier "très puissant" pour faire changer les comportements des usagers et améliorer le tri des déchets.

Ce dispositif appelé "tarification incitative" est d'ores et déjà appliqué, à titre expérimental, par 190 collectivités. La loi de transition énergétique (dite "loi Royal"), votée à l'été 2015, prévoit sa généralisation progressive à tous les Français. Aussi, ce mécanisme devrait concerner 15 millions d'habitants à l'horizon 2020 et 25 millions en 2025.

Cette "tarification incitative" passe par l’intégration d’une part variable dans la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) ou la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (REOM). Des contributions payées par les usagers qui avoisinent, en moyenne, 95 euros par habitant et par an. Pour rappel, elles sont intégrées dans la taxe foncière ou les charges locatives.

Pour calculer le montant de cette part variable, les organismes responsables de la collecte des déchets ménagers (syndicats intercommunaux, communautés de communes ...) disposent de plusieurs outils.

Comme l'indique un guide de l'Ademe, ces derniers peuvent simplement prendre en compte le nombre de fois par semaine où les éboueurs récupèrent la poubelle (si on la garde tant qu'elle n'est pas pleine, on fait des économies). On peut aussi se baser sur le volume de déchets générés en se référant à la taille de la poubelle, soit peser directement les poubelles ou comptabiliser le nombre de sacs poubelles commercialisés auprès des ménages concernés. 

Jusqu'à 50% de déchets collectés en moins 

D’après l’Agence, les collectivités ayant mis en place une redevance incitative ont réduit "entre 30 et 50%" la production par habitant d’ordures ménagères résiduelles, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas trié directement au domicile des habitants. 

En pratique, l'Ademe a étudié plus particulièrement quatre collectivités pilotes. Selon ses conclusions, ces dernières ont réduit "entre 20 et 40%" le volume de leurs ordures résiduelles. Comme l'indique l'AFP, d'après un sondage réalisé auprès des usagers concernés, 70% d’entre eux sont favorables à un tel mécanisme. En conséquence, l’organisme juge donc cette tarification comme "sans équivalent pour faire évoluer les comportements".

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie reconnaît toutefois que cela nécessite "un investissement important". Les collectivités concernées doivent en effet équiper les poubelles ou les bacs de collectes de puces ou donner aux ménages une carte d'accès au conteneur d'apport volontaire des ordures ménagères. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV