BFM Business

La facture énergétique des Français atteint 1.450 euros

En milieu rural, la facture d'énergie peut atteindre 7,3% des dépenses d'un foyer.

En milieu rural, la facture d'énergie peut atteindre 7,3% des dépenses d'un foyer. - -

Selon une étude du Credoc, publiée le 7 mars, la facture énergétique des Français habitant en milieu rural est 17% plus élevée que la moyenne nationale. Au point qu'ils sont plus du tiers à restreindre leur chauffage.

Vivre à la campagne n'a pas que des avantages, loin de là. Si les prix de l'immobilier sont plus attractifs en zone rurale, les dépenses engagées pour se chauffer, s'éclairer, cuisiner et faire fonctionner ses appareils domestiques y sont largement plus élevées. C'est ce que confirme une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) publiée le 7 mars.

En moyenne, le budget énergétique des Français représente 1.450 euros par foyer et par an. Mais les ménages habitant des petites villes de moins de 20.000 habitants y consacrent 17% de plus. Ce chiffre grimpe à 23% dans les communes de moins de 2.000 habitants.

La cause : des logements plus grands à la campagne, souvent des maisons individuelles, et des constructions anciennes souffrant d'une mauvaise efficacité énergétique. Mais également une prédominance des chauffages au fioul ou électrique, très coûteux à l'usage. Voilà pourquoi les Parisiens, coincés dans des logements plus petits situés dans des immeubles mieux isolés, déboursent 27% de moins que la moyenne nationale pour leur facture énergétique.

Autre inégalité : dans les zones rurales, les salaires sont aussi moins élevés. En proportion, la facture énergie pèse davantage sur le budget global du ménage : elle représente jusqu'à 7,3% des dépenses tandis qu'elle n'est que de 3,1% pour un foyer parisien.

Des ménages plus exposés aux variations des prix du carburant

Tous ces facteurs expliquent pourquoi il y a davantage de Français en précarité énergétique à la campagne. Selon le Credoc, 36,5% des foyers vivant en milieu rural se restreignent en choisissant de chauffer que certaines pièces et baissent la température (voir graphique ci-dessous). Dans les agglomérations entre 2.000 à 20.000 habitants, ils sont encore 32,5% à rogner sur leur confort de la même manière alors qu'à Paris, ils sont 19% seulement.

Par ailleurs, les foyers ruraux sont aussi pénalisés par l'éloignement des services commerces, des écoles, du travail. Ils sont ainsi plus exposés aux variations du prix du carburant. Plus de la moitié des ménages qui se trouvent à plus de 5km des commerces dépensent au moins 120 euros de carburant par mois. Une somme qui risque de s'alourdir si la fiscalité avantageuse du diesel est remise en cause.

Coralie Cathelinais