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L’usine 4.0, la quatrième révolution de l’industrie

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"La digitalisation de l’usine est en route. Plus complexe que pour les taxis ou la location de nuitées, celle-ci implique de rendre plus connectée et plus intelligente la production de biens, tout en offrant plus de flexibilité, de sécurité et de productivité. Le tout en pilotant des unités complexes, souvent distantes entre elles. Le Groupe Total affiche dès aujourd’hui ses ambitions pour l’usine 4.0 en lançant un programme d’incubation de start-ups, avec un calendrier très compact."

L’usine aussi se digitalise

Aucun secteur économique, aucun produit ou service ne pourra se passer de la digitalisation de son activité dans un avenir proche. Pour de nombreux acteurs, c’est déjà une réalité. Pour les autres, une question de temps.

Dans ce contexte, dont les maîtres mots sont rapidité, agilité, rupture et innovation, on ne voit pas comment l’industrie, même quand elle est aussi lourde que l’industrie pétro-gazière, passerait entre les mailles du web.

Pour le Groupe Total, pas question d’envisager la digitalisation comme une contrainte, mais plutôt comme l’opportunité d’explorer le concept «d’usine 4.0». Pour certains, il ne s’agirait de rien de moins que de la quatrième révolution industrielle. Celle de l’internet, des objets connectés, des capteurs, des interconnexions entre les machines, les postes de travail, les sites, les clients, les sous-traitants… Le tout pour rendre l’usine intelligente, sûre et pilotable à distance.

Portée par des géants de l’industrie européenne et nord-américaine qui y décèlent de nombreux avantages en termes de service, flexibilité, coûts, personnalisation des productions, l’usine 4.0 bénéficie également de la bienveillance des autorités européennes, dont Günther Oettinger, Commissaire européen au numérique, qui veut dessiner une stratégie européenne pour l'industrie 4.0, notamment en créant des pôles d'excellence.

Les défis étant nombreux à relever, et le temps de mise en œuvre plus long que pour l’industrie des services, les décisions se prennent dès aujourd’hui.

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Des start-ups pour conduire cette évolution

Le Groupe Total a saisi le sujet à bras-le-corps et s’intéresse de très près à l’usine 4.0, en initiant, depuis décembre dernier, une démarche d’open innovation auprès de start-ups spécialisées.

L’idée est de créer un incubateur qui permettra à ces entreprises innovantes de tester leur technologie, produit ou service au sein même des opérations de Total, dans des domaines d’applications tels que : efficacité énergétique, cyber-sécurité, sécurité et intégrité des installations, assistance par la robotique et quelques autres.

«Auparavant, c’étaient les start-ups qui venaient nous démarcher, une par une, sans vraiment connaître nos besoins», explique Juliette de Maupeou, responsable du Digital industriel chez Total. «En lançant cet incubateur, nous souhaitons rendre nos interactions avec ces start-ups plus efficaces et définir clairement les thématiques de travail qui nous intéressent».

L’objectif affiché est de dénicher une dizaine de start-ups proposant des solutions innovantes sur deux thèmes stratégiques : l’optimisation des installations et l’opérateur augmenté. «Ce sont deux axes sur lesquels nous savons que le digital peut permettre de renforcer la sécurité, améliorer la fiabilité des unités industrielles et contribuer à l’excellence opérationnelle des actifs industriels.» précise Juliette de Maupeou.

Pour mettre en place cet incubateur, Total s’est adjoint les services de l’Impulse Labs, un conseil spécialiste de l’accélération de l’innovation, qui a déjà mis en place plusieurs incubateurs dans les secteurs de la construction et de l’aéronautique.

Le Groupe a également prévu que chaque start-up soit accompagnée par un mentor de chez Total. Ceux-ci, auront à jouer le rôle de facilitateurs et de faire bénéficier les start-ups de leur expérience de l’entreprise, autant que de leur réseau.

Pour César Miguel, chef de projet usine 4.0 chez Total, cette démarche a l’avantage d’être gagnant-gagnant : «côté Total, cela nous donne l’opportunité d’atteindre l’écosystème des start-ups, que nous connaissions mal. Total bouge et ne reste pas dans un modèle traditionnel de production. Ce projet nous expose à ce monde plus agile et plus rapide».

Côté start-ups, quoi de plus prestigieux que d’avoir l’opportunité de collaborer avec un grand groupe mondial. «C’est un véritable accélérateur pour leur business !» précise César Miguel, «la phase d’incubation leur permet de mûrir leur projet et de bénéficier d’experts marketing ou design produit. Les start-ups sont en relation avec ceux qui vont potentiellement utiliser leurs produits. Cela leur permet de construire une offre plus vendable».

Déjà deux-cents dossiers téléchargés

Prochaine étape, la sélection. Entre janvier et avril 2016, les candidates devront avoir passé le premier stade de leur développement et être prêtes à entrer en phase de validation industrielle de leur concept.

«Nous avons décompté deux-cents téléchargements de dossiers. D’ici la fin février, date de la clôture des candidatures, nous attendons beaucoup de retours. Notre prestataire Impulse a également sourcé des candidats potentiels» indique César Miguel.

Puis, viendront les six mois d’incubation dont le but est de favoriser l’expérimentation de leurs solutions sur différents sites du Groupe Total. «Le but est d’accélérer la réalisation de pilotes qui pourraient répondre à nos besoins et créer de la valeur.» conclut Juliette de Maupeou.

En ouvrant le premier incubateur consacré au digital industriel, Total affiche son ambition d’en devenir rapidement l’un des acteurs clés au niveau mondial.

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