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Grâce à ce câble, la Bretagne ne sera plus un "cul-de-sac" électrique

Une ligne haute tension souterraine à 225.000 volts, entre Saint-Brieuc et Lorient, sera inaugurée officiellement lundi 15 janvier 2018.

Une ligne haute tension souterraine à 225.000 volts, entre Saint-Brieuc et Lorient, sera inaugurée officiellement lundi 15 janvier 2018. - Fred Tanneau-AFP

La Bretagne dispose d'une nouvelle ligne à haute tension souterraine pour améliorer sa sécurité d'approvisionnement électrique. Mais la région a encore beaucoup à faire pour étoffer sa production d'électricité.

Une ligne souterraine à 225.000 volts, de 76 km de long entre Saint-Brieuc et Lorient, sera inaugurée officiellement lundi 15 janvier 2018, en présence de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et ancien président de la région. Son objectif: sécuriser l'alimentation électrique de la Bretagne, selon RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension, qui a dépensé 120 millions d'euros sur ce projet.

"Concrètement, en cas d'aléas sur le réseau, le filet de sécurité va constituer un itinéraire bis complémentaire pour alimenter la Bretagne et va limiter le risque de coupure d'alimentation électrique et contribuer à accroître le développement de l'attractivité économique", explique Carole Pitou-Agudo, déléguée régionale de RTE, lors d'une présentation à Paris.

De par sa géographie, la région est située à l'extrémité du réseau de lignes électriques national, ce qui en fait un véritable "cul-de-sac électrique". Et elle ne disposait jusqu'à présent que de deux grandes liaisons électriques, l'une au nord et l'autre au sud, qui se raccordaient au niveau de Brest. La nouvelle ligne traverse le centre de la Bretagne. Elle va "permettre d'assurer le secours mutuel du nord et du sud", détaille Didier Zone, directeur développement et ingénierie chez RTE, qu veut à tout prix éviter une coupure électrique géante, telle que la région l'a connue en 1987.

En dépit cette nouvelle infrastructure, la Bretagne est structurellement exposée à des risques de coupures en cas de forte demande de courant, par exemple lors de vagues de froid. La région, dépourvue notamment de centrale nucléaire, ne produit qu'environ 10% à 15% du courant qui y est consommé. L'essentiel de son électricité doit être importé des régions voisines, Normandie et Centre-Val de Loire.

Une situation qui ne va pas s'améliorer avec la fermeture programmée de la centrale voisine de Cordemais (fioul et charbon) en Loire-Atlantique. Pour remédier à cette situation, un Pacte électrique breton conclu en 2010 prévoyait, outre la nouvelle ligne, de nouvelles sources de production d'électricité.

Il comprenait la future centrale à gaz à Landivisiau (Finistère), portée par Direct Energie et Siemens. Mais ce projet, qui fait l'objet d'une opposition locale, est en retard: la centrale, qui devait initialement démarrer fin 2016, n'est toujours pas opérationnelle. La région mise également beaucoup sur les énergies renouvelables, en particulier l'éolien en mer avec plusieurs parcs en cours de développement: la ferme pilote de Groix et Belle-Ile en mer et les parcs de Saint-Nazaire et Saint-Brieuc, qui doivent au total représenter une capacité de 1.300 MW.

Dernière pièce du puzzle: une interconnexion France-Irlande est à l'étude. Elle pourrait voir le jour à l'horizon 2025-2030, est devenu aussi crucial pour l'Irlande depuis la décision du Royaume-Uni de quitter l'UE: il s'agirait de sa première connexion directe avec l'Europe continentale.

F.B avec AFP