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Fessenheim: sa fermeture pourrait coûter jusqu’à 8 milliards d’euros

La fermeture de Fessenheim risque de mener à un bras de fer entre EDF et le gouvernement.

La fermeture de Fessenheim risque de mener à un bras de fer entre EDF et le gouvernement. - -

EDF estime que l’arrêt anticipé de la plus vieille centrale nucléaire française coûterait entre 5 à 8 milliards d’euros. Elle compte bien présenter la facture à l’Etat.

Tenir ses promesses risque de coûter cher à François hollande. Il y a tout juste un an, alors en campagne, le candidat à la présidentielle faisait de la fermeture de Fessenheim, la plus vielle centrale nucléaire du parc français, une priorité.

Mais EDF compte bien lui présenter la note. Selon le JDD du 5 mai, des sources au sein du groupe énergétique estiment que l’arrêt anticipé de la centrale pourrait coûter 5 milliards d’euros. Voire même 8 milliards, sans toutefois préciser comment a été calculée cette estimation.

En tout cas, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a délivré son accord pour qu’EDF prolonge de cinq ans l’utilisation de sa centrale alsacienne, soit jusqu’en 2022, sous réserve de quelques travaux de sécurisation. Et selon le groupe public, ses réacteurs ont encore la capacité de fonctionner 20 ans supplémentaires.

Le retard de Flamanville complique la donne

Mais le gouvernement fait la sourde oreille et table sur une fermeture en 2016. Non pas pour des motifs de sécurité, mais pour s’accorder avec ses objectifs de transition énergétique, comme le rappelait Delphine Batho, la ministre de l’Ecologie, en janvier dernier. 

EDF entend bien respecter le choix présidentiel, mais ne compte pas supporter seul le préjudice. Il estime que la fermeture de Fessenheim lui ferait perdre 200 millions d’euros par an, lié à la perte de production. A cela s’ajoute 150 millions d’euros par an d’investissements non amortis et d’indemnités versées à ses clients allemands et suisses qu’il approvisionne en électricité.

Mais les retards qui s’accumulent sur la mise en route de l’EPR de Flamanville viennent compliquer la donne, tout comme son surcoût. François Hollande avait promis la mise en fonctionnement du réacteur de nouvelle génération en 2016, une date qui semble de plus en plus difficile à tenir. Les aléas industriels ne s’accordent pas toujours avec les promesses de campagne.

Coralie Cathelinais