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Eranove veut se faire une place en Afrique

Eranove souhaite lever 200 millions d'euros en Bourse afin de développer ses activités en Afrique (image d'illustration)

Eranove souhaite lever 200 millions d'euros en Bourse afin de développer ses activités en Afrique (image d'illustration) - Eranove

Le groupe spécialisé dans la production d’électricité et d’eau potable souhaite lever 200 millions d’euros en Bourse. Une opération qui pourrait lui permettre de se développer rapidement en Afrique et de devenir un acteur majeur du continent.

Eranove, cela ne vous dit probablement rien. Et pourtant, cette entreprise, dont le siège est basé en France, est en train de se faire un nom sur le continent africain. Plus particulièrement en Afrique de l’Ouest, où le groupe est très présent en Côte d’Ivoire et au Sénégal, deux de ses pays "historiques".

Pour continuer de grandir, Eranove, qui a généré un bénéfice de 31 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros en 2014, souhaite désormais s’introduire sur Euronext à Paris et sur la Bourse Régionale de Valeurs Mobilières (BRVM) à Abidjan.

Une opération de 200 millions d'euros

La société compte ainsi lever 200 millions d’euros afin, selon le directeur général, Marc Albérola, "d'’accroître la croissance organique dans les pays où [est] historiquement présent [le groupe], tout en permettant le développement dans d’autres pays d’Afrique".

Concrètement cela se traduira par le financement d’un "pool" de projets (8 au total), représentant 3,5 milliards d’euros d’investissement, dont notamment une joint-venture au Ghana avec General Electric, autre cador présent sur le continent, pour construire une centrale thermique au gaz de 1,3 gigawatt.

Des besoins importants dans l’énergie et l’eau

En Afrique, 620 millions de personnes vivent sans électricité selon l'Agence internationale de l’énergie et 319 millions n’ont pas accès à des points d’eau améliorés en Afrique subsaharienne (OMS/Unicef, 2015). Des chiffres impressionnants qui montrent tout le potentiel d’Eranove sur ce continent où les besoins annuels de financement sont de l’ordre de 21,9 milliards de dollars dans l’eau et l’assainissement et de 40,8 milliards de dollars dans l’énergie, d’après une récente étude de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale.

Des perspectives de croissance importantes qui n’ont pas échappé au conglomérat industriel General Electric. Le groupe américain a annoncé vouloir investir deux milliards de dollars d’ici à 2018, indiquant même que cette région était devenue "la plus prometteuse en terme de croissance pour GE".

Des propos qui font écho à ceux de François Hollande qui, à l’occasion d’un sommet franco-africain sur le thème du "défi climatique", a annoncé que Paris "consacrera 6 milliards d'euros entre 2016 et 2020" à l'électrification du continent. Une bonne nouvelle pour le groupe français qui compte bien en profiter.

Sami Bouzid