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EPR finlandais : les délais s'allongent jusqu'en 2016

L'île d'Olkiluoto avec les deux réacteurs nucléaires en service et le projet de réacteur EPR

L'île d'Olkiluoto avec les deux réacteurs nucléaires en service et le projet de réacteur EPR - -

L’électricien norvégien a annoncé ce lundi que la mise en service du réacteur d’Olkiluoto 3 pourrait être repoussée en 2016, soit avec deux ans de retard. Ce qui rend son constructeur Areva furieux.

Nouveau retard annoncé pour l'EPR finlandais. L'électricien local Teollisuuden Voima (TVO) a annoncé lundi 11 février une mise en service du réacteur en 2016. Areva et Siemens, ses constructeurs, l'avaient programmé pour 2014. En réaction, le groupe de Luc Oursel s’insurge, et reproche à TVO de manquer à sa parole. Il faut dire que plus on retarde l'échéance, plus cela coûte d'argent aux deux industriels.

La centrale a aujourd’hui sept ans de retard. Ses coûts ont explosé. Depuis le premier coup de pioche, en 2005, jusqu'à aujourd'hui, la facture a plus que doublé. Les problèmes de l'EPR ont déjà fait perdre beaucoup à Areva.

Areva a déjà perdu 1 milliard d'euros

A cause de ces retards, le Français a passé des provisions de 2,8 milliards d'euros. C'est plus que ce qui doit lui revenir à la vente du réacteur. Les Finlandais vont verser 3 milliards d’euros au consortium. Areva, qui en détient 73% (27% pour Siemens) touchera 1,8 milliard, soit un milliard d’euros de moins que ce qu’il a déjà dépensé.

En tous cas, ce nouveau délai met une nouvelle fois au jour les dissensions entre le consortium franco-allemand et son client. En fait, les deux parties se rejettent la responsabilité de ce nouveau dérapage du calendrier. Le groupe nucléaire reproche régulièrement à son client de mettre trop de temps à lui valider des documents techniques. Parallèlement, TVO estime manquer d'informations fiables sur le chantier.

Aujourd'hui, 75% des travaux sont achevés. Si Areva refuse de chiffrer le coût global de l'EPR finlandais, Luc Oursel a reconnu qu'il serait proche de celui de Flamanville, à savoir 8,5 milliards d'euros.

Sidonie Watrigant