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Engie s’interroge sur un nouveau mandat d’Isabelle Kocher

Le conseil d’administration d'Engie dresse le bilan du mandat de sa directrice générale qui se termine en mai prochain. Son renouvellement n’est pas assuré. La décision sera prise en fin d’année.

L’heure des comptes sonne pour Isabelle Kocher. La directrice générale d’Engie, en poste depuis 2016, termine son mandat en mai prochain. Selon plusieurs sources, le conseil d’administration du groupe vient de lancer le processus d’évaluation de ses quatre années. Une phase de quelques mois qui devrait aboutir à la fin de l’année.

L’enjeu est simple: Isabelle Kocher sera-t-elle renouvelée? "C’est le scénario de référence" assure un proche du groupe. Pourtant, si la question se pose, c’est que la réponse n’est pas évidente… "Ça se passe comme ça dans beaucoup de groupes du CAC 40" ajoute-t-on dans l’entourage d’Engie. Le président du groupe, Jean-Pierre Clamadieu, veut formaliser un processus rigoureux et inattaquable pour éviter de retomber dans les conflits internes autour d’Isabelle Kocher qui ont pesé pendant plusieurs années.

Ces dernières semaines, les membres du comité exécutif et du conseil d’administration ont été interrogés par un cabinet de conseil pour évaluer l’action d’Isabelle Kocher. Le comité des nominations pilote également l’analyse de son bilan sur les dimensions stratégiques et financières. Sur le fond, Isabelle Kocher dispose à son actif d’un virage stratégique fort avec la sortie du charbon, d’une partie du gaz et de la baisse des émissions de CO2 pour donner un profil plus vert à Engie. A la clé, 15 milliards d'euros de cessions d’actifs ont été réalisés.

Macron veut du changement

Mais pour beaucoup de dirigeants d’Engie, le redéploiement du groupe n’a pas été lancé. "Elle a une vision de ce qu’elle veut faire mais il faut dérouler" explique un dirigeant. Une remarque qu’avait déjà formulée le président du conseil d’administration, Jean-Pierre Clamadieu il y a quelques mois…

Sur le volet des critiques, le manque d’acquisitions dans les énergies renouvelables ou les services et le statu quo sur des dossiers comme Suez. Ce qui fait dire à de nombreux cadres en interne qu’un autre directeur général pourrait être préféré à Isabelle Kocher pour accélérer sur la croissance d’Engie. "Clamadieu veut un nouveau patron qu’il aura choisi, assure un dirigeant du groupe. Et il a le soutien du gouvernement pour la remplacer". Plusieurs sources rappellent qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie n’avait pas soutenu la nomination d’Isabelle Kocher en 2016. Et qu’il n’aurait pas changé d’avis.

Si le conseil d’administration décide de ne pas renouveler Isabelle Kocher, il cherchera alors une alternative. En interne, personne ne semble se positionner même si la jeune Gwenaëlle Avice Huet monte en puissance. Au conseil d’administration, l’implication de Fabrice Brégier, l’ancien patron d’Airbus, se remarque. "Il a une vraie stratégie de rationalisation du groupe accompagnée d’importantes cessions d’actifs" justifie un proche d’Engie.

Quoi qu’il en soit, Isabelle Kocher croit en ses chances. Elle continue à remodeler petit à petit son équipe de direction. Elle annoncera bientôt la nomination de Claire Waysand, ancienne directrice de cabinet du ministre de l’Economie, Michel Sapin, comme secrétaire générale en remplacement de Pierre Mongin qui vient de partir. "Les jeux sont ouverts" ironise un cadre d’Engie.