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Energies renouvelables: des banques convaincues

Crédit Agricole et la Banque Palatine sont parmi les établissements bancaires les plus intéressés par les énergies renouvelables

Crédit Agricole et la Banque Palatine sont parmi les établissements bancaires les plus intéressés par les énergies renouvelables - -

L'argent est le nerf de la guerre dans le domaine des énergies renouvelables aussi. Il est nécessaire de soutenir un projet sur le long terme. Malgré le manque de visibilité, des banques y croient et s'engagent. Illustration avec la Banque Palatine et le Crédit Agricole.

La Banque Palatine se montre très active depuis 3 ans. Son credo: faire du sur-mesure et donc accompagner les entrepreneurs en leur proposant un seul et même interlocuteur.

Pour Benoît Forgues responsable des financements ENR de la banque Palatine, le solaire est le secteur le moins risqué. Il représente 60 % de l'activité de l'établissement contre 30 % pour l'éolien. Les appels d'offres dans le solaire poussent désormais à demander des garanties bancaires pour la construction et le démantèlement. Ces règles engendrent une nouvelle démarche. Il faut parfois convaincre en interne. Mais de bonnes habitudes commencent à s'instaurer.

Parmi les autres pistes d'investissement, la biomasse, mise en avant lors de la dernière conférence environnementale. Ces projets sont plus risqués et plus compliqués aux yeux de la banque, notamment si des soucis d'approvisionnement surviennent. Sans bois suffisant, l'activité peut péricliter.

Cela n’empêche pas la banque Palatine d'investir dans une centrale biomasse en construction pour Bonduelle, en Picardie. Plusieurs partenaires s'engagent pour un investissement de 65 millions d'euros au total. Ils n'hésitent pas aussi à soutenir un client français à l'étranger notamment au Portugal. Car comme l'explique Benoît Forgues , le taux de sinistralité est faible.

Priorité aussi à la rénovation thermique

Le Crédit Agricole y croit aussi, ce n'est pas pour rien qu'il est le premier financeur dans les énergies renouvelables. La banque a soutenu un quart du parc solaire et éolien. Elle continue même si l'avenir est plus incertain. Le Crédit Agricole qui compte parmi ses clients une grande majorité d'agriculteurs (80 à 90 % d'entre eux l'ont rejoint) mise en toute logique sur la méthanisation. Il y a un potentiel de sources de revenus pour les agriculteurs, notamment dans les petites structures.

La biomasse est aussi un investissement d'avenir mais pour Stanislas Pottier directeur du développement durable de Crédit Agricole SA, le morcellement des parcelles et des propriétés nuit à la mise en place d'une filière dans ce domaine et pourtant "nous disposons de la forêt la plus grosse d'Europe". La banque dispose d'un outil de taille: sa filiale CALEF qui étudie de près les dossiers et établit des cartes précises du potentiel de chaque territoire en matière d'énergies renouvelables. Au total ce sont plus de 260 installations qui ont été financées (éolien, photovoltaïque, combustion, méthanisation)

Quand on parle financement, les particuliers ne sont pas oubliés. En partenariat avec EDF, le Crédit Agricole a décidé de les suivre dans leur parcours. Il propose un audit énergétique puis un accompagnement pour les travaux à réaliser. Rien à voir avec le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique), obligatoire en cas de vente pour calculer la classe énergétique d’un bien immobilier. Le grand chantier de la rénovation thermique va donc lui ouvrir de belles opportunités.

Nathalie Croisé de BFM Business