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EDF estime à au moins 6 milliards d'euros le coût d'un EPR

EDF songe également à construire, avec Areva, un nouveau type de réacteur, dérivé de l'EPR.

EDF songe également à construire, avec Areva, un nouveau type de réacteur, dérivé de l'EPR. - -

Le groupe public chiffre dans une fourchette de 6 à 6,5 milliards d'euros le coût cible d'un réacteur de nouvelle génération. Une estimation inférieure à 25% à celle de l'EPR de Flamanville.

Entre 6 et 6,5 milliards d'euros : voilà le coût "cible" d'un réacteur nucléaire selon EDF. C'est la fourchette qui a été donnée, ce jeudi 27 février, par Hervé Marchenaud, le directeur exécutif en charge de la production et de l'ingénierie, qui s'exprimait devant la commission d'enquête parlementaire consacrée au coût du nucléaire.

Ce prix représente toutefois près du double du prix affiché lors du début des premiers chantiers en Finlande et en France de ce réacteur de troisième génération de 1.650 mégawatts conçu par Areva. EDF est le maître d'oeuvre à Flamanville, alors que c'est Areva qui dirige le chantier finlandais.

Des surcoûts de 2 milliards pour Flamanville

Selon Hervé Machenaud, deux grands blocs de surcoûts ont été identifiés sur le chantier de Flamanville, qui justifient que la facture globale est actuellement estimée à 8,5 milliards d'euros.

"Sur ce coût de 8,5 milliards, il y a à peu près 900 millions qui sont identifiés comme des coûts spécifiques liés essentiellement à de l'ingénierie et qui sont amortissables sur le reste de la série. Ces coûts là, ils sont portés par Flamanville, mais ils ne seront plus portés par les autres", c'est-à-dire les prochains EPR.

D'autres surcoûts sont liés, selon le responsable d'EDF, aux "difficultés inhérentes à la tête de série", "avec des prescriptions et des contraintes que nous nous sommes fixées à nous-mêmes et qui au fond n'étaient pas constructives, réalistes et industrielles". Elles ont entraîné d'importants retards notamment dans le génie civil, a-t-il reconnu. Cette partie-là, "nous l'évaluons à peu près à 1 milliard à 1,5 milliard", a-t-il déclaré.

Ce jeudi matin sur BFM Business, le patron d'Areva, Luc Oursel avait, lui, expliqué que les prochains réacteurs EPR construits en France bénéficieront "d'effets de série bénéfiques".

Un nouveau réacteur?

Par ailleurs, Hervé Machenaud a indiqué qu'EDF et Areva pourraient engager dès "l'été 2014" un projet de nouveau réacteur nucléaire dérivé de l'EPR. Le but serait de répondre à un appel d'offre de la part de l'Arabie Saoudite.

"Différentes options sont en cours d'étude, certaines relèvent de la seule optimisation (...) et ne remettent pas en cause le design du réacteur et par conséquent sa certification", a souligné le responsable d'EDF.

"D'autres sont plus profondes et permettront d'évoluer progressivement vers un nouveau design de réacteur objet d'un nouveau licensing et de nouvelles certifications", a-t-il ajouté.

J.M. avec AFP