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De plus en plus de Français prêts à faire un don pour l'environnement

Un tiers des Français est prêt à faire un don à une collectivité. En tête de leurs préoccupations: l'environnement. C'est le résultat d'une étude Ernst&Young

Un tiers des Français est prêt à faire un don à une collectivité. En tête de leurs préoccupations: l'environnement. C'est le résultat d'une étude Ernst&Young - Philippe Huguen - AFP

Le premier tour des élections départementales aura lieu dans moins de 2 semaines. Les collectivités territoriales peinent parfois à boucler leur budget. Certains Français n'hésiteraient pas à mettre la main au portefeuille, selon une étude menée par EY.

Un Français sur trois se déclare volontaire pour faire un don au bénéfice d’un projet d’intérêt général porté par une collectivité. A défaut d'argent public, ces collectivités peuvent en effet se tourner vers des mécènes privés, des entreprises et des particuliers. Les Français sont séduits quand on leur en parle mais encore peu informés selon l'étude menée par EY.

Ils sont près d'un sur 3 à ignorer que de plus en plus de collectivités territoriales passent par le mécénat des entreprises pour financer des projets d’intérêt général. En même temps ils y sont très favorables à 74%. Certains Français vont même plus loin. Ils sont un sur 2 à être favorable au fait que les collectivités puissent les solliciter pour des dons. Les jeunes sont assez enthousiastes quand il s'agit de soutenir cette démarche. Ce sont notamment plus de 6 Français âgés de 25 à 34 ans qui se disent prêts à le faire.

Autour de 50 euros

A l'heure où l'on parle de transition énergétique, les questions environnementales séduisent les Français. Quand on parle de domaines à financer, c'est l’environnement qui est cité en premier (34%) devant l’art, la culture et le patrimoine (30%) puis l’action sociale et la solidarité (29%).

En ce qui concerne l'environnement "les Français citent la défense d’un patrimoine naturel menacé, la mise en valeur de sites naturels ou encore l'éducation au respect de l’environnement " comme l'explique Nathalie Van Vliet, Associée EY Advisory, l'une des responsables de l'étude.

On peut y voir la réponse des citoyens à la dynamique des territoires à énergie positive mise en avant par la ministre de l'écologie Ségolène Royal. Un tiers des sondés se dit donc prêt à donner. Mais ils restent "très raisonnables" comme le souligne Nathalie Van Vliet. 47% des potentiels donateurs se disent disposés à donner plus de 50 euros, et 21% feraient des dons supérieurs à 100 euros pour soutenir un projet emblématique de leur territoire.

Les entreprises davantage sollicitées

Signe encourageant, on observe une nouvelle forme de philanthropie de proximité chez les Français. Les motivations principales sont la participation au développement de leur territoire (31%) ou le développement d’un projet qui les touche directement eux ou leurs proches (31%). Le fait de pouvoir obtenir en retour une déduction fiscale (22%) n’apparaît pas comme l’élément moteur du don. Dans les faits, la réalité n'est pas tout à fait la même. Les collectivités se tournent plus volontiers vers les entreprises et en particulier pour des démarches de mécénat culturel. Pour Nathalie Van Vliet ,"lancer des campagnes de collecte auprès du grand public est certainement plus complexe et plus lourd à mettre en place."

En termes d'environnement, on peut citer la Fondation Chaîne des Puys-Chaîne de Limagne dans le Puy de Dôme. Il s'agit d'en faire un patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce sont de grandes entreprises nationales qui sont mobilisées, à hauteur de 10.000 euros versés par an pendant 5 ans mais les associations sont présentes.

Des structures voient aussi le jour à l'initiative de la société civile. C'est le cas de l'association pour une Fondation de Corse. Née en 2002, elle vise à construire des réponses à partir d'un territoire. Cet étude suscite en tous cas un vif intérêt. EY le souligne. De quoi peut-être inciter les collectivités à aller voir du côté des particuliers. Dans un autre ordre d'idées, dans le projet de loi sur la transition énergétique, le recours au financement participatif pour les projets dédiés aux énergies renouvelables est clairement valorisé.

Nathalie Croisé