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COP21: les contributions des états sont "insuffisantes"

La lutte contre le réchauffement climatique est un combat au long cours. À tout juste 30 jours de l’ouverture de la Conférence de Paris sur le climat, un rapport de l’ONU met en garde les états. Ceux-ci risquent de passer à côté de leur objectif commun.

"Peut mieux faire". Ce commentaire, adressé ce vendredi par les Nations-Unies aux 195 états participants à la COP21, résonne comme une remontrance. À quelques semaines de l'ouverture des négociations, l’organisation s’est intéressée de près aux contributions déposées par les pays (appelées INDC, ndlr) en vue de contenir le réchauffement climatique.

Si leurs efforts permettent vraisemblablement de s’éloigner du pire des scénarios, c’est-à-dire d’un réchauffement planétaire de l’ordre de 4 à 5°C d’ici à la fin du siècle, le seuil des 2°C, objectif fixé par la communauté internationale est encore loin. Tout en soulignant "un effort mondial sans précédent", ce rapport de l'ONU - basé sur les 146 engagements nationaux connus au 1er octobre - estime que le réchauffement planétaire sera compris "entre 2,7° et 3°C". 

ONG et écologistes s’inquiètent

"Clairement, à 2,7°C de réchauffement climatique, ce sont des petites villes, des petits états insulaires qui vont disparaître" commente Pierre Cannet, responsable énergie auprès de WWF.

Pour éviter le pire, l’ONU appelle les états à s’engager davantage et prévient que "des réductions d’émissions de gaz à effet de serre beaucoup plus importantes" seront nécessaires pour rester sous cette limite.

Membre de Réseau Action Climat, Célia Gautier pointe elle la responsabilité des "cancres". Ces pays "qui n’ont pas soumis de contribution" et ceux qui semblent ne pas prendre la mesure du problème, avec dans son viseur les pays du Golfe, la Russie, l’Australie ou encore le Japon qui "continuent à penser que les énergies fossiles, le gaz, le pétrole ou le charbon font partie de l’avenir".

Les politiques confiants 

Invitée à réagir sur ce rapport chez RTL, Ségolène Royal a rappelé "qu'il y a[vait] encore beaucoup de travail en 30 jours" car il s'agit désormais de courir le "sprint final". La ministre de l'Ecologie a balayé tout risque d'échec de la COP21 : "je n'image pas qu'il ne puisse pas y avoir d'accord à Paris". 

Le futur président de la COP21, Laurent Fabius a également commenté ce rapport. Il se montre plutôt confiant et optimiste quant aux négociations à venir: "Ce rapport montre que les contributions nationales permettent de changer la donne et nous éloignent du pire". Le ministre estime par ailleurs lui aussi que "des efforts supplémentaires dans le temps" seront nécessaires pour limiter le réchauffement planétaire.

Antonin Moriscot