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Comment valoriser davantage les déchets urbains?

13 millions de tonnes de déchets ménagers par an sont valorisés.

13 millions de tonnes de déchets ménagers par an sont valorisés. - -

"Les eaux usées, les déchets domestiques, les ressources agricoles ou forestières seront utilisés pour le chauffage des logements." L'une des conclusions du Conseil National du Débat sur la Transition énergétique donne des ailes au SVDU : Luc Valaize, son président, dévoile donc ses propositions.

Luc Valaize, président du syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains (SDVU) n'a pas froid aux yeux. Il rappelle que la production énergétique à partir des déchets représente l'équivalent d'un EPR.

Pourquoi ne pas la doubler sans brûler une tonne de déchets supplémentaires ? Il faut rappeler que les déchets ménagers sont reconnus comme source d’énergie renouvelable par l’Union Européenne depuis 2001 (Directive 2001-77-CE) Nous valorisons ainsi 13 millions de tonnes de déchets par an.

Un coup de pouce permettrait d'aller plus loin. Le SVDU propose donc de réviser le tarif d'achat de l'électricité produite par les incinérateurs. Autre suggestion: exonérer de TGAP les incinérateurs avec une bonne performance énergétique, enfin pérenniser le Fonds chaleur de l'ADEME. L'objectif de ce dernier est de financer les projets de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables (biomasse, géothermie, solaire…), tout en garantissant un prix inférieur à celui de la chaleur produite à partir d’énergies conventionnelles.

Il a également pour objectif de favoriser l’emploi et l’investissement dans ce secteur. Luc Valaize s'appuie sur des exemples de réussite à travers toute la France. A Créteil, le SVDU travaille sur l'amélioration de l'efficacité énergétique avec Sita. A Dijon, avec la régie il participe au développement du réseau de chaleur et d'une chaufferie bois ou encore à Vitré l'alimentation d'un industriel ou encore le chauffage d'une piscine, grâce à l'énergie issue des déchets. Selon lui, ce procédé permet une division par deux de la facture énergétique, comparée aux énergies fossiles.

Une fiscalité plus attractive

Luc Valaize se donne 5 ans pour faire avancer les dossiers. Mais il voit même plus loin. 13 millions de tonnes sont valorisées mais il y en reste une quarantaine non utilisée. Selon lui, valoriser les CSR, les combustibles solides de récupération permettrait d'atteindre une production équivalente à 4 EPR. Mais le sujet est plus que sensible. Il n'existe pas de structure dédiée en France. Pire même, ceux qui produisent des CSR doivent payer 30 euros la tonne pour les valoriser ailleurs. C'est ainsi qu'à Hénin-Beaumont dans le Pas de Calais une unité a été mise en place, les CSR sont ensuite acheminés en Belgique.

Pour accélérer le mouvement, le SDVU propose que soit instaurée une fiscalité locale attractive ou encore que soit appliqué un tarif d'achat électrique attractif. Nul ne peut ignorer à quel point le thème de la fiscalité est sensible. Ajouter un degré supplémentaire serait plus que délicat Et le SDVU de rappeler que les pays où l'on recycle beaucoup sont aussi ceux où la valorisation énergétique est poussée. L'Allemagne, la Suisse ou encore les Pays-Bas sont très avancés sur le dossier.

Nathalie Croisé de BFM Business