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Arnaud Montebourg menace à nouveau ArcelorMittal

Arnaud Montebourg menace ArcelorMittal de droits de douane sur l'acier, et brandit à nouveau l'arme de la nationalisation temporaire.

Arnaud Montebourg menace ArcelorMittal de droits de douane sur l'acier, et brandit à nouveau l'arme de la nationalisation temporaire. - -

Dans un entretien au Monde, mercredi 13 février, le ministre du Redressement productif s'en prend violemment au géant de l'acier, parlant de "nationalisation" et de "droits de douane". Sans oublier d'adresser une pique à Jean-Marc Ayrault.

Manifestement, Arnaud Montebourg s’est refait une santé. A deux doigts de la démission après la polémique sur l’éventuelle nationalisation de Florange, le ministre du Redressement productif est reparti au combat contre ArcelorMittal.

Et cette fois, c’est avec l’accord de François Hollande, selon lui, qu’il brandit de nouveau l’arme de la nationalisation temporaire.

Le défenseur du Made in France a même étoffé sa panoplie. Il menace en effet d’imposer des droits de douanes sur les importations d'acier d'ArcelorMittal pour l'empêcher de fermer des sites en Europe.

La Commission européenne entre en jeu

Dans un entretien publié sur le site du Monde, le 13 février, et dans le journal belge Le Soir, Arnaud Montebourg et Jean-Claude Marcourt, le ministre de l'Economie de la région wallone, ont vivement réagi à la fin de non-recevoir adressée par Lakshmi Mittal.

Le géant de l’acier était pressé par la Commission européenne de surseoir à la restructuration de ses aciéries, et d’attendre la présentation en juin d'un plan destiné à relancer la sidérurgie avant d'aller de l'avant.

Ce à quoi ArcelorMittal a répondu, mardi, qu'il lui était "impossible" de retarder le processus en raison de la baisse de la demande d'acier, résultant de la faiblesse de l'économie.

"Tous les jours, ArcelorMittal cause du tort aux Etats et à leurs populations"

Du coup, Arnaud Montebourg et son homologue belge organisent la riposte, forts de l’appui de la Commission. "Pour les soldats de l'emploi que nous sommes, Jean-Claude (Marcourt) et moi, recevoir un appui aérien de l'aviation européenne est appréciable", explique le ministre français.

"Tous les jours, cette entreprise privée (ArcelorMittal) cause du tort et du préjudice aux Etats et à leurs populations, utilise, quand elle sait le demander, l'argent public, et n'a aucune conscience de ses responsabilités", ajoute-t-il.

Il accuse le sidérurgiste d'investir massivement en Inde pour fabriquer de l'acier bon marché grâce au coût du travail plus bas dans ce pays tout en fermant des usines en Europe.

"L'imposition de droits de douane sur l'acier qui casse les prix est la riposte stratégique aux menées de groupes qui ne respectent pas le berceau de l'acier qu'est l'Union", poursuit-il. Le front commun que commencent à constituer les gouvernements français, belge et luxembourgeois, associés à la Commission européenne, "est une donnée nouvelle dont il va devoir tenir compte. C'est la première fois!"

La pique à Jean-Marc Ayrault

Preuve que la passe d’armes entre les deux hommes a laissé des traces, Arnaud Montebourg ne s’est pas privé de tacler Jean-Marc Ayrault. "La nationalisation n'est pas taboue, elle est très pratiquée dans le monde", explique-t-il. "Mais c'est un choix stratégique que la France a écarté même si - je le dis avec l'autorisation du Président de la République - la nationalisation temporaire reste sur la table, si ArcelorMittal ne tient pas ses engagements."(…)

"Je souhaite à Jean-Claude Marcourt, qui est un ministre socialiste de l'Industrie, de réussir à convaincre son Premier ministre, qui est un socialiste dans un gouvernement de coalition, là où j'ai échoué. J'ai cru comprendre qu'il aurait plus de chances que moi"

Yann Duvert