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Areva: Luc Oursel répond aux critiques de la Cour des comptes

Luc Oursel, le président du directoire d'Arvea, devant la commission d'enquête parlementaire, ce mardi.

Luc Oursel, le président du directoire d'Arvea, devant la commission d'enquête parlementaire, ce mardi. - -

Le président du directoire du groupe nucléaire français était auditionné par les parlementaires, ce mardi 20 mai. Il a affirmé que le rachat d'Uramin, fustigé par les Sages de la rue Cambon, ne pèsera plus sur les comptes de son groupe.

C'est une façon pour Luc Oursel de répondre à la Cour des comptes. Auditionné devant la commission d'enquête parlementaire sur les coûts de la filiale nucléaire ce mardi 20 mai, le président du directoire d'Areva est revenu sur le rachat d'Uramin en 2007, acquisition fustigée par les Sages de la rue Cambon dans un pré-rapport portant sur la période 2007-2011.

"Toutes les conséquences économiques aujourd'hui d'Uramin sont totalement intégrées dans les comptes d'Areva. Il n'y a pas de nouvel impact à attendre", a-t-il assuré.

Le groupe minier canadien Uramin, qui ambitionnait d'exploiter des gisements d'uranium dans plusieurs pays africains, avait été acheté en 2007 à prix d'or (1,8 milliard d'euros) par Areva, sous la présidence d'Anne Lauvergeon, que Luc Oursel a remplacé à la mi-2011.

Les déboires de l'EPR finlandais n'était pas prévisibles

Mais, après le départ d'"Atomic Anne", Areva avait divisé par cinq la valeur comptable de cette société et le groupe avait dû inscrire dans ses comptes d'importantes provisions, de près de 1,9 milliard d'euros.

"Les provisions correspondant à la dépréciation de cet actif ont été faites et donc il n'y a plus de conséquence supplémentaire à attendre sur Uramin", a répété Luc Oursel.

Un autre dossier avait été épinglé par la Cour des comptes: l'EPR finlandais d'Olkliluoto, dont les surcoûts et les retards n'ont eu de cesse de se multiplier. "Sur l'EPR de Finlande, je ne pense pas qu'on puisse dire qu'il y a eu du forcing pour vendre cet EPR", a estimé Luc Oursel.

"Nous avons une vision différente de la Cour des comptes. Il y a eu de la part du client (l'électricien TVO, ndlr) un certain nombre de comportements imprévisibles et qui ne correspondent pas au bon déroulement d'un projet normal", a-t-il ajouté.

Le modèle intégré permet de dégager des synergies

"Je crois que ce qui ne pouvait pas être prévu au moment où l'appel d'offres a eu lieu et au moment donc où nous avons concouru, ce sont les incroyables difficultés que nous avons rencontrées dans le fonctionnement de ce projet avec le client et avec l'autorité de sûreté", a-t-il jugé.

Le consortium Areva-Siemens réclame 2,7 milliards d'euros d'indemnités à TVO dans le cadre d'une procédure d'arbitrage dont les premières décisions sont attendues début 2015, a-t-il rappelé.

Enfin, Luc Oursel a défendu le modèle intégré (c'est-à-dire allant de l'extraction d'uranium aux centrales) d'Areva. Ce modèle permet, selon lui, de dégager des synergies techniques et commerciales.

J.M. avec AFP