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Areva: l’Etat écarte une recapitalisation

Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll ont jugé qu'une recapitalisation n'était pas nécessaire.

Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll ont jugé qu'une recapitalisation n'était pas nécessaire. - Patrick Kovarik - AFP

Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a jugé mercredi que la situation du groupe français ne nécessitait pas de recapitalisation. La veille, Emmanuel Macron s’était montré moins catégorique.

En grandes difficultés financières, Areva voit l’inquiétude grandir autour de son avenir. Notamment au sommet de l’Etat, actionnaire à 87% du groupe français, et pressé de répondre aux questions à propos d’une éventuelle recapitalisation.

"Cette entreprise aujourd'hui ne nécessite pas une décision du type de celle que vous avez pu évoquer", a finalement tranché Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, mercredi 20 novembre lors du compte rendu du Conseil des ministres.

Un Conseil lors duquel le sort d’Areva a été évoqué par le ministre des Finances, Michel Sapin, a précisé Stéphane Le Foll, en soulignant qu’Emmanuel Macron s'était déjà exprimé à ce sujet la veille.

Pour Macron, il est "trop tôt" pour parler de recapitalisation

Le ministre de l’Economie avait en effet déclaré mercredi à Reuters que l'Etat "prendrait toutes ses responsabilités" concernant Areva. A la question de savoir si la situation du groupe nécessiterait une recapitalisation, il avait estimé qu'il était encore trop tôt pour se prononcer. "C'est trop tôt. Nous regardons avec vigilance les chiffres mais il n'y a pas d'inquiétude, d'angoisse à avoir sur l'activité industrielle d'Areva, sur le fait que c'est une activité pérenne et pour nous une des priorités", avait déclaré le locataire de Bercy.

La veille, Areva avait annoncé suspendre ses perspectives financières pour 2015 et 2016, en raison notamment du retard du chantier de l'EPR finlandais et de décalages dans le calendrier de redémarrage des centrales nucléaires au Japon. Aucun site nippon ne devrait être redémarré avant la fin 2014, ce qui pénalise l'activité d'exploitation et de livraison d'uranium par Areva.

Le groupe français déplore en outre le peu de commande de réacteurs nucléaire dans le monde, et l'atonie du marché des services. Le tout sur fond de changements à sa tête : la direction du groupe est en effet en plein bouleversement après le départ de Luc Oursel pour cause de maladie grave, et le remplacement de Pierre Blayau par Philippe Varin.

Y.D. avec AFP