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Vivendi: Jean-René Fourtou défend son bilan

Jean-René Fourtou a quitté ce mardi la présidence du conseil de surveillance

Jean-René Fourtou a quitté ce mardi la présidence du conseil de surveillance - -

Le patron de Vivendi a tiré sa révérence lors de l'assemblée générale de ce mardi 24 juin. Il a présenté un bilan flatteur de son magistère mitigé.

La dernière assemblée générale de Jean-René Fourtou s'est plutôt bien passée. Certes, quelques petits porteurs de Vivendi lui ont rappelé qu'il s'était "engraissé" ou "copieusement enrichi" à coup de bonus et de stock options. "Où est la création de valeur?", s'est interrogé Louis Bulidon, un habitué des assemblées générales.

Mais d'autres actionnaires l'ont soutenu, alors que les intervenants avaient été unaniment négatifs il y a un an.

Bilan enjolivé

Le président sortant s'est évertué à dresser un bilan positif de son magistère mitigé, quitte à l'enjoliver un peu. Ainsi, il a affirmé que "Vivendi a achevé son recentrage sur les contenus et les médias", oubliant qu'un de ses trois piliers reste l'opérateur téléphonique brésilien GVT...

La croissance du groupe est poussive? "Vivendi a tous les atouts pour accélérer sa croissance", a assuré son bras droit, le président du directoire Jean-François Dubos.

Des acquisitions qui n'en sont pas

Jean-René Fourtou a surtout dépecé le groupe -d'où son surnom de "fourgue tout"? Jean-François Dubos a exhibé une liste douteuse de "huit acquisitions majeures".

Certes, on y trouve de grosses acquisitions, comme la chaîne de télévision D8 ou la maison de disques EMI. Mais aussi des acquisitions minuscules connues des seuls initiés: le fournisseur d'accès ultramarin Mediaserv, ou les sociétés de production étrangères Hoyts et Red.

La liste comprend même une erreur: le lancement d'une version canadienne de Canal Plus, qui ne repose pas du tout sur une acquisition...

Les tueurs en série aiment 'Call of duty'

Enfin, les dirigeants sortants ont dû expliquer pourquoi ils avaient vendu leur filiale de jeux vidéo, tout en proclamant leur volonté de se recentrer sur les médias...

Pour Jean-François Dubos, Activision Blizzard était "absent des mobiles et de l'Asie, qui sont en forte croissance".

Jean-René Fourtou a ajouté: "cette activité est essentiellement basée sur deux jeux, World of warcraft et Call of duty, donc elle est fragile. Lors du rachat d'Activision, nous comptions beaucoup sur Guitar hero, qui a disparu en six mois..."

Surtout, "à chaque fois qu'il y a un massacre, les assassins sont dopés à Call of duty. Même le vice-président américain a commencé à s'émouvoir de cette activité. Les membres du conseil de surveillance commençaient à être gênés. Et Disney, qui était le seul groupe intéressé et avait les moyens de racheter, nous a finalement dit: 'on ne peut pas racheter'".

Dernière raison: "le management était très indépendant. On ne pouvait pas le garder dans un groupe intégré, car il ne jouait pas le jeu. J'ai dit au responsable: 'soit on sort, soit je vous vire...'"

Au final, toutes les résolutions ont été adoptées à plus de 95% des voix, sauf le salaire de Jean-François Dubos, qui n'a recueilli que 90% des voix.

Jamal Henni