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Valls fait un geste vers les intermittents

Manuel Valls s'est exprimé après avoir reçu le rapport sur les intermittents des mains du médiateur.

Manuel Valls s'est exprimé après avoir reçu le rapport sur les intermittents des mains du médiateur. - -

Le Premier ministre a réaffirmé, ce jeudi 19 juin, que la convention d'assurance-chômage serait agréée, malgré les protestations des intermittents. Mais il a assuré que l'Etat financerait le délai de carence, qui cristallise la contestation.

"Notre pays ne peut pas avancer sans la culture". Après avoir reçu le rapport du médiateur Jean-Patrick Gille sur l'épineux dossier des intermittents, Manuel Valls a entamé son discours avec prudence.

Avant de réaffirmer que la convention d'assurance-chômage, signée en février dernier par les partenaires sociaux, serait bien avalisée par le gouvernement. "Je le confirme, cette convention doit être agréée et elle sera agréée par le gouvernement. Il y va du respect de la signature des partenaires sociaux majoritaires qui l'ont signée", a ainsi déclaré le Premier ministre, lors d'une conférence de presse à Matignon.

90 millions d'euros pour un geste "d'apaisement"

Le chef du gouvernement a cependant affirmé que l'Etat prendrait à sa charge le délai de carence pour l'indemnisation des intermittents du spectacle. "Les intermittents concernés ne verront pas de changement de leur situation par rapport à la situation actuelle", a-t-il assuré. Cette mesure devrait coûter 90 millions d'euros en année pleine, a précisé le Premier ministre.

"L'Etat s'engagera dès le 1er juillet, il prendra lui-même en charge ce différé, c'est-à-dire qu'il le financera pour que Pôle Emploi n'ait pas à l'appliquer aux intermittents concernés", a-t-il fait savoir, parlant d'un geste "d'apaisement".

Redéfinir le statut d'intermittent

Il a, en outre, annoncé la création d'une mission afin de redéfinir le statut d'intermittent. Elle sera confiée à trois personnalités - Jean-Patrick Gille, Hortense Archambault, et Jean-Denis Combrexelle- qui devront rendre leurs conclusions avant la fin de l'année. "Il nous faut rompre avec ce cycle infernal de crises et de tensions" sur cette question pour mettre en place "un cadre enfin sécurisé et stabilisé", a-t-il affirmé.

Il a également fait savoir que les crédits budgétaires consacrés à la création et au spectacle vivant seraient maintenus intégralement en 2015, 2016 et 2017. Il s'agit d'une "décision importante" prise "en plein accord avec le président de la République", a déclaré le Premier ministre en y voyant "un effort très significatif".

La CGT veut reconduire la grève

Le discours du chef du gouvernement n'a manifestement pas convaincu la CGT-Spectacle, qui a qualifié les annonces de "mesurettes" a prévenu qu'un "probable préavis de grève" serait déposé pour le 1er juillet.

"On verra quelle forme il prendra", car "l'épée de Damoclès est toujours là, c'est une manoeuvre pour passer l'été", a ainsi déclaré le secrétaire général Denis Gravouil lors d'un point de presse.

Y. D. avec AFP