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Tour de France: ces communes qui se battent pour devenir ville étape

Vitrine internationale pour les villes qu'il traverse, le Tour de France assure une exposition médiatique inestimable aux villes étapes.

Vitrine internationale pour les villes qu'il traverse, le Tour de France assure une exposition médiatique inestimable aux villes étapes. - ASO/A.Broadway

Les villes, petites et grandes, se pressent toujours pour accueillir une étape du Tour de France. Toutes font le pari que les coûts induits seront largement compensés par les retombées économiques liées à l'accueil de la Grande Boucle. Qu'en est-il véritablement ?

Le Tour de France s'apparente souvent à la roue de fortune pour les communes qui accueillent une étape de la Grande Boucle. "Je n'ai pas de mots assez forts pour décrire notre enthousiasme et notre fierté" explique au Parisien, Eric Bannier, le maire de La Mure, commune iséroise de 5.300 habitants, une des villes départ du Tour 2017 dont le parcours a été dévoilé ce mardi 18 octobre 2016.

Même réaction de joie pour Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence. La ville provençale accueillera une étape du Tour 2017 pour la première fois de son histoire. "C'est un peu comme gagner au Loto. C'est une vraie grande chance pour notre ville et une véritable fierté pour nous" commente l'édile.

Il est vrai que chaque année il y a beaucoup de candidats et peu d'élus. Sur le prochain Tour 2017, jalonné de 21 étapes, une trentaine de villes ont été sélectionnées par l'organisateur, ASO, alors qu'elles étaient plus de 200 sur les rangs.

Chaque ville paie entre 65.000 à 110.000 euros

Pour accueillir la Grande Boucle, ASO, qui n'a que l'embarras du choix, fait payer aux villes élues, une sorte de "droit de passage". Les municipalités accueillant un départ ont à débourser environ 65.000 euros, à la notable exception de la ville d'où part la Grande Boucle, laquelle doit investir plusieurs millions d'euros (cf encadré ci-dessous).

Pour les villes qui accueillent une arrivée d'étape, la somme s'élève à environ 110.000 euros. Enfin, la facture grimpe à 160.000 euros pour les villes qui accueillent à la fois une arrivée et un départ d'étapes. Ce sera le cas en 2017 de Troyes (Aube), de Pau (Pyrénées-Atlantiques) du Puy-en-Velay (Haute-Loire) et de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Toutefois, le prix à payer à ASO est rarement à la charge complète des villes concernées. Les collectivités locales situées aux alentours (communauté de communes, agglomérations, département) s'impliquent en général dans le financement. "Le rayonnement d'un événement comme l'arrivée ou le départ d'une étape du Tour dépasse, et de loin, le cadre de la commune qui l'héberge" explique le maire de Salon-de-Provence. Le montant payé à ASO (110.000 euros) par la ville provençale sera en grande partie financé par la métropole à laquelle est rattachée la ville.

Hormis ce coût direct, les communes sélectionnées doivent aussi prendre en compte les dépenses indirectes même si ASO livre une organisation clé en main avec les podiums ou les salles de presse. En font partie, l'aménagement, voire la réfection, de la voirie inspectée en amont par les techniciens d'ASO. Les communes sont aussi responsables de la sécurité du site lié au "barriérage", soit l'installation et la location de 4 kilomètres linéaires de barrières de chaque côté de la route en amont de l'arrivée d'une étape !

Chaque visiteur dépenserait localement entre 20 et 30 euros

Mais, si ces sommes engagées sont lourdes pour des communes moyennes, celles-ci n’hésitent pas à les dépenser. Toutes sont en effet persuadées que le jeu en vaut la chandelle. "Les retombées économiques et médiatiques sont très supérieures à l’investissement consenti. L'organisateur du Tour estime que chaque visiteur dépense en moyenne le jour même jusqu'à 30 euros sur place. En plus, une arrivée génère plus de retombées économiques qu'un départ, surtout vers la fin de la compétition", se frotte déjà les mains, le maire de Salon-de-Provence dont la ville accueillera l'arrivée d'une étape le vendredi 21 juillet 2016, l'avant-veille de l'arrivée du Tour aux Champs-Élysées à Paris.

Outre les retombées immédiates, les communes parient aussi sur les effets à moyen terme d'une exposition liée aux images filmées, synonyme d'une campagne promotionnelle géante et mondialisée pour leur territoire...

Pour organiser le "grand départ" du Tour, les prix flambent !

Le ticket d'entrée le plus élevé pour accueillir le Tour de France est, de loin, celui que doit payer la ville désignée chaque année pour le "grand départ". Aucun chiffre officiel n'est communiqué par ASO à qui une "redevance" doit être payée par la ville, mais les prix flambent et ce privilège est, de ce fait, réservé aux communes dotées de moyens conséquents. Il se dit que la ville néerlandaise d'Utrecht, pour accueillir le départ du Tour en 2015, aurait payé 4 millions d'euros. Pour la ville allemande de Düsseldorf, les coûts du "grand départ" le 1er juillet 2017 seraient estimés par Deloitte à 11,1 millions d'euros dont 6,2 millions d'euros à payer par la ville rien que pour l'accueil d'un prologue de 13 kilomètres et du départ de la première étape du Tour, le restant étant lié aux aménagements d'infrastructure.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco