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Rugby: jusqu'où le Top 14 peut faire flamber les budgets?

Le rugby reprend ses droits, ce samedi 17 août.

Le rugby reprend ses droits, ce samedi 17 août. - -

Le championnat de France de rugby va reprendre ses droits ce vendredi 16 août. Le budget moyen des clubs a augmenté de 6,87% pour la saison à venir, ce qui n'est pas sans créer d'importantes disparités entre les clubs.

Le monde de l'ovalie va à nouveau vibrer. A partir de ce vendredi 16 août, le Top 14, le championnat de France de rugby, démarre sa nouvelle saison 2013-2014, avec en ouverture Montpellier-Toulon. Une saison qui, une nouvelle fois, bat des records sur le plan financier.

Ainsi le budget moyen des clubs est en hausse de 6,87%, à 19,45 millions d'euros. Paul Goze, le président de la LNR (Ligue nationale du Rugby), interviewé par BFM Business, explique que l'augmentation de ces budgets a "pour corollaire" la croissance des recettes, qui elle-même est principalement due à une "hausse des fréquentations et des délocalisations".

Pour assurer la promotion du sport au-delà des régions friandes d'ovalie, les clubs français expatrient certains matches. C'est le cas, par exemple, du Racing Métro 92 qui accueillera Brive à la Rochelle, ce samedi.

Vers un triplement des droits TV?

Pour Frédéric Bolotny, économiste du sport également interviewé par BFM Business, cette hausse des budgets va encore s'accentuer en raison de l'inflation des droits télévisés. "Lorsque l'on regarde dans les autres sports, il y a deux facteurs de l'évolution des droits télés: l'attractivité de la compétition et surtout la situation de concurrence. Aujourd'hui, dans le rugby, y a-t-il plusieurs chaînes interessées par les droits télés?"

La réponse est oui. "Donc je pense qu'on pourra assister à un doublement voir au triplement des droits du rugby", conclut-il.

Un fossé entre les deux moitiés du Top 14

Mais cette hausse des budgets cache en réalité d'importantes disparités. L'écart se creuse entre deux types de club. "Six ou sept clubs dominent le championnat économique. La deuxième moitié se fait distancée", souligne Frédéric Bolotny qui pointe le risque d'"un championnat à deux vitesses".

Même au niveau de l'élite des différences importantes doivent être marquées. L'ASM Clermont est le deuxième budget du Top 14 avec 26 millions d'euros, seulement devancé par le Stade Français (35 millions d'euros). Mais son directeur administratif Jean-Luc Loignon tient à nuancer: "Certaines activités sont internalisées ou externalisées, ce qui peut donner lieu à des différences considérables".

Un salary cap pour limiter l'explosion des budgets

Il poursuit: "Toulouse est propriétaire de son stade. Pour nous le coût du stade représente presque 3 millions d'euros dans la colonne charges, au début de saison".

Pour éviter que l'écart ne se creuse trop, la Ligue a selon lui pris une bonne initiative: fixer un "salary cap", c'est à dire un plafond limitant l'enveloppe consacrée aux salaires des joueurs. Les clubs ne pourront pas dépenser plus de 10,5 millions d'euros pour leurs rémunérations. Une enveloppe gelée sur trois ans. Cette règle "à condition que les clubs jouent le jeu, va forcément limiter l'inflation des salaires et l'endettement des clubs", conclut Jean-Luc Loignon.

Julien Marion avec BFM Business