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Réveillon: les restaurants ne sont pas à la fête à Paris

Depuis les attentats, les touristes désertent Paris.

Depuis les attentats, les touristes désertent Paris. - Matthieu Alexandre - AFP

Les attentats continuent de peser sur la fréquentation touristique dans la capitale. Les restaurateurs constatent une baisse de près de 50% des réservations pour le dîner de la Saint Sylvestre.

Les restaurateurs parisiens doivent avoir hâte de mettre 2015 derrière eux. D'autant que le dernier jour de cette année ne va pas leur redonner le sourire. En effet, depuis les attentats du 13 novembre, les réservations ont chuté. "On prend très cher, aux alentours de 50% de moins", constate Alain Fontaine, président de la commission des maîtres restaurateurs au Synhorcat (syndicat des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs), interrogé par l'AFP. "C'est la tendance que l'on a depuis les attentats, entre -40% et -50%, et qui se confirme sur les points forts: réveillon du 24, jour de Noël, réveillon du 31 et jour de l'An", ajoute-t-il, expliquant que ce "net effondrement des réservations" est la conséquence du "climat parisien" après les attentats.

Depuis les attaques du 13 novembre, qui ont tué 130 personnes à Paris et Saint-Denis, divers secteurs liés au tourisme ont subi une baisse d'activité dans la capitale : hôtels, grands magasins, bateaux-mouches... Le trafic des aéroports parisiens de Roissy et d'Orly a également accusé le coup. Les restaurants n'échappent pas à la règle, avec "une clientèle étrangère vraiment en baisse", notamment les Américains et les Japonais, nombreux à annuler leurs vacances de fin d'année à Paris, quand les touristes européens les ont plutôt maintenues, en particulier les Allemands, les Espagnols et les Italiens, précise Alain Fontaine.

Fréquentation en berne des palaces parisiens

Beaucoup de touristes fortunés, qui composent une bonne partie des réservations dans les restaurants au Nouvel An, manquent à l'appel. En témoigne la fréquentation en berne des palaces parisiens. Le Plaza Athénée affiche un taux d'occupation de seulement 65%. "C'est la première fois depuis quinze ans que nous ne serons pas complets la nuit du 31 décembre", constate amèrement son directeur François Delahaye, auprès de l'AFP. Ces défections ne sont pas compensées par les Parisiens, qui vivent dans "un climat anxiogène (...) qui fait que les gens vont hésiter à sortir le 31", souligne Alain Fontaine, du Synhorcat. "Habituellement, le 31 décembre, tous les restaurants qui sont ouverts font le plein de clients", mais "les Parisiens évitent ce genre de rassemblement depuis les attentats", confirme Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil.

A Paris, la chute de fréquentation observée depuis mi-novembre concerne surtout le service du soir, avec -40% à -70%, selon Gira Conseil. "En province, le recul est de 5% à 10%", signale par ailleurs Bernard Boutboul à l'AFP. "J'étais avec des restaurateurs de Strasbourg, c'est un peu dur pour eux cette année parce que le marché de Noël s'est terminé le 24 décembre", atteste Alain Fontaine. Abrégé d'une semaine, ce marché a lui aussi enregistré une légère baisse de fréquentation. "Tout cela va nous coûter très cher", poursuit le patron du Mesturet, à Paris, qui prévoit une baisse de 18% de l'activité en décembre, soit 50.000 euros de recettes en moins.

"L'année 2015 sera à oublier"

Les cabarets et leurs dîners-spectacles sont aussi affectés, à commencer par le Moulin Rouge, qui a perdu 30% de ses clients depuis les attentats et jusqu'à peu de jours avant Noël. "Depuis une semaine, on sent une reprise", déclare une porte-parole, mais la fréquentation pendant les fêtes est quand même en baisse de 20%. "On était en train de faire notre meilleure année", déplore-t-elle, avec un taux de remplissage de 98% avant le 13 novembre, qui laissait entrevoir un chiffre d'affaires record, supérieur aux 65 millions d'euros réalisés en 2014.

"L'année 2015 sera à oublier", tranche Alain Fontaine. "On l'a commencée avec les attentats, on l'a finie avec les attentats, avec un été qui a été extrêmement chaud sur Paris", poussant les habitants à quitter la capitale. Pour se réconforter, les restaurateurs peuvent compter sur "des prévisionnels plutôt bons" pour janvier, qui "serait plutôt à la normale" conclut-il.

D. L. avec AFP