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Pour le patron de WPP, la fusion avec Omnicom est "un pas en arrière pour Publicis"

Martin Sorrel ne croit pas au bien-fondé de la fusion Publicis-Omnicom

Martin Sorrel ne croit pas au bien-fondé de la fusion Publicis-Omnicom - -

Martin Sorrell, le PDG de WPP, numéro un mondial de la publicité, critique la fusion de Publicis et Omnicom. Dans une interview aux Echos du 2 août, il estime ce mariage contraire à la stratégie des deux groupes.

Martin Sorrell ne sera plus le PDG du numéro un mondial de la publicité. La future fusion entre Publicis et Omnicom, va déclasser le groupe britannique au rang de numéro 2 du secteur.

Dans une interview aux Echos de ce vendredi 2 août, le Britannique se fait donc une joie de dire tout le mal qu'il pense du mariage entre ses deux concurrents. Le rapprochement entre les deux géants de la publicité est "en contradiction avec la stratégie des deux groupes", lance-t-il.

"Un deal 60-40 aurait été plus conforme"

"C'est un pas en arrière pour Publicis, qui avait su prendre une certaine avancée dans le digital et les marchés émergents alors que le nouvel ensemble ne réalisera qu'autour de 20% de son activité dans chacun de ces deux domaines", argumente-t-il.

Quant à Omnicom "son président a toujours dit qu'il refuserait de payer un prix élevé pour une acquisition dans le digital ou sur les pays émergents". Or, Martin Sorrel estime que c'est précisément ce qu'il fait via cette opération à 50-50, "là où un deal 60-40 aurait été plus conforme au poids de chacun".

"Il y a forcément de la casse"

Martin Sorrel enfonce d'ailleurs le clou en affirmant que "les fusions entre égaux ne marchent pas". Il donne pour exemple l'entreprise télécom Alcatel-Lucent, actuellement en grande difficulté, ou Daimler-Chrysler, une fusion qui a pris fin en 2007, lorsque 80% de Chrysler furent vendus au fonds d'investissement Cerberus Capital Management.

De plus, "quand vous avez deux co-directeurs généraux, vous n'êtes plus aussi agile", avance-t-il en référence à la gouvernance de la fusion, à la tête de laquelle Maurice Lévy et John Wren se partageront le leadership.

"Et il y a forcément de la casse: Jean-Yves Naouri, qui devait succéder à Maurice Lévy, a été sacrifié dans l'opération, puisque c'est le patron d'Omnicom, John Wren qui prendra les rênes du nouvel ensemble après Maurice [Lévy, ndlr] dans deux ans et demi".

Il concède toutefois un point: l'opération "est un formidable coup pour Maurice Lévy" qui est "un très brillant négociateur". Pourtant la rivalité entre ce dernier et Martin Sorrell est de notoriété publique.

Julien Marion