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Les Jours revendiquent 8.700 abonnés

Le site a déjà levé 750.000 euros

Le site a déjà levé 750.000 euros - Sébastien Calvet

Un an après son lancement, le site indique être en ligne avec le plan de marche prévu au lancement. Il mène actuellement une nouvelle levée de fonds

Il y a un an et demi, un nouveau site apparaissait dans le paysage encombré des pure players français: Les Jours.

Un an et demi plus tard, la présidente du site Isabelle Roberts affiche sa satisfaction: "En mai, un an après notre lancement, nous avions 8.000 abonnés individuels, soit l'objectif fixé lors du lancement. Aujourd'hui, nous en avons 8.700. Nous visons l'équilibre fin 2018 avec 15.000 abonnés, puis 25.000 abonnés fin 2019". 

"Inventer un modèle éditorial"

"Nos abonnés ont à 45% entre 18 et 34 ans, et la moitié sont franciliens", explique la journaliste, pour qui "présenter nos articles sous forme de série à épisodes entre en résonance avec les codes de l'époque, et donc parle à une génération qui n'était pas forcément familière avec la presse". Une des spécificités du site (qui publie de 1 à 4 nouveaux articles par jour) est en effet de traiter les sujets sous forme de série appelées "obsessions" -55 au total depuis l'origine.

Le site, qui se veut généraliste, parle de politique, de société, d'économie... "Nous ne voulons pas tout faire, mais nous voulons le faire bien, avec des articles longs et en produisant une information originale, ce qui est de plus en plus rare. Nous pensons avoir inventé un modèle éditorial", ajoute Isabelle Roberts, venue de Libération comme une bonne partie de l'équipe, qui comprend au total 16 permanents, plus des pigistes. 

"Le payant est un modèle sain"

Le site (qui a fait cette semaine un lifting de sa maquette) repose sur un modèle entièrement payant, avec un abonnement à 9 euros par mois, ou 5 euros pour les étudiants et les chômeurs (tarif réduit souscrit par un tiers des abonnés).

Pour Isabelle Roberts, "le payant est un modèle sain, et de plus en plus répandu, y compris chez les médias généralistes. Car vivre de la publicité pose plusieurs problèmes. D'abord, la publicité envahi l'écran, donc c'est peu esthétique. Surtout, cela conduit à viser un certain public et des sujets qui attirent les annonceurs, tant et si bien qu'à la fin les médias se ressemblent tous. Par exemple, les cosmétiques étant le premier annonceur de la presse, il aurait difficile de faire notre enquête sur eux si nous vivions de la publicité..."

Le site cherche aussi à diversifier ses revenus en publiant ses feuilletons sous forme de livres, conjointement avec le Seuil. Trois opus sont déjà parus: L'empire (qui parle de Canal plus sous l'ère Bolloré), Le 36 (sur le quai des Orfèvres) et Les revenants (sur les djihadistes français, qui a reçu le prix Albert Londres).

Levée de fonds en cours

Le site a déjà levé un total de 750.000 euros: 500.000 auprès de ses actionnaires (dont 80.000 euros via une campagne de crowdfunding sur KissKissBankBank); plus 50.000 euros de bourse d'émergence du ministère de la Culture; plus un prêt participatif de 200.000 euros de l'Ifcic. Parmi ces actionnaires, figurent des industriels comme Xaviel Niel ou Matthieu Pigasse. "Nous avons fait appel à eux pour les fonds nécessaires à notre lancement. Mais cela n'a aucune influence sur notre indépendance. Et notre modèle est de vivre de nos abonnements", assure Isabelle Roberts.

Les Jours cherchent actuellement à lever "quelques centaines de milliers d'euros" supplémentaires, via une Société des amis des Jours, créée au printemps. Les particuliers peuvent déduire de leur impôt la moitié de leur investissement dans cette Société.

Les actionnaires des Jours

Cofondateurs: 82,2%
Anaxago: 6,52%
Xavier Niel: 3,2%
Olivier Legrain: 2,24 %
Jean-François Boyer: 1,37%
Marc-Olivier Fogiel: 1,14%
Matthieu Pigasse: 0,91%
Pierre-Antoine Capton: 0,91%
Hervé Chabalier: 0,46%
Jean-François Guichard: 0,23%
Friends & family : 0,82%

Source: les Jours

Jamal Henni