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Les hôtels ont résisté à la crise des gilets jaunes... sauf à Paris

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L'activité hôtelière est globalement restée stable en 2019. Le revenu par chambre a même légèrement augmenté, selon une étude du cabinet MKG. Mais le secteur est à la peine dans la capitale.

Malgré la crise des gilets jaunes qui a refroidi de nombreux touristes étrangers, l'activité hôtelière est restée stable l'an passé en France avec une fréquentation en hausse de 0,2%, selon une étude publiée vendredi par le cabinet de conseil MKG. Néanmoins, le premier trimestre, période où le mouvement social a été le plus fort, a été difficile avec une fréquentation en baisse de 0,7%.

Des salons ainsi que des événements comme la Coupe du monde féminine de football ou l'Armada de Rouen ont soutenu l'activité.

Mieux, le RevPAR (revenu par chambre disponible), indicateur phare du secteur, a progressé de 1,8% sur un an, tandis que les prix moyens étaient en légère hausse (+1,5%).

Les hôtels du segment super-économique, qui attire une clientèle domestique, enregistrent les meilleures performances avec un RevPAR qui progresse de 3,7% grâce principalement à la hausse des prix moyens (+3,1%). Sur les autres segments, les résultats sont assez homogènes avec une fréquentation stable et des prix moyens progressant de façon très limitée (entre 1% et 2%). 

Haut-de-France et Ile-de-France en baisse

Evidemment, on observe des disparités. La Bretagne, l'Auvergne-Rhône-Alpes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur affichent des hausses de fréquentation comprises entre +1,2 point et +1,6 point, selon MKG, tandis que les Hauts-de-France et l'Ile-de-France sont les seules régions à afficher des évolutions négatives. 

La région capitale a en effet souffert de la vague gilets jaunes. Le taux d'occupation des hôtels à Paris perd 0,5 point à 80,8% et 1,1 point à 73,2% pour la région Ile-de-France.

Or, la fin d'année 2019 et le début 2020 n'augure rien de bon pour le monde hôtelier. Les "contestations du projet de réforme des retraites ont grandement impacté l'hôtellerie française dans son ensemble", selon MKG. 

A Paris, la fréquentation des hôtels (71,2%) "n'a pas retrouvé son niveau de 2017 (75,2%)", peut-on lire dans l'étude. En province, l’impact des gilets jaunes et de la grève des transports a également eu des répercussions mais dans une moindre mesure. En effet, le niveau de 2017 a été dépassé pour atteindre 52,7%. "Sans les grèves, on peut estimer que la croissance de RevPAR aurait été plus significative encore", peut-on lire. 

Certains musées parisiens ont souffert

Comme les hôtels, la saison 2019 des musées parisiens a subi les effets de la crise des gilets jaunes et des grèves en fin d'année. Mais certains ont tiré leur épingle du jeu.

Si le centre Pompidou a vu sa fréquentation chuter de 8% à 3,2 millions de visites, le musée d'Orsay a réalisé son record absolu de 3,6 millions (+11%). Et les musées scientifiques s'en sortent bien: la fréquentation de la Cité des sciences et de l'industrie progresse de 8%, celle du Palais de la découverte de 15%.

Le Louvre, qui a reçu 9,6 millions de visiteurs en 2019 (-5,8% sur un an), en-deçà de 2018 (10,2 millions), minimise l'impact des mouvements sociaux, justifiant cette baisse par une politique volontariste de fermetures à l'été afin de mieux gérer l'afflux. Il salue la permanence des visiteurs étrangers (75% du total).

Reste que sur le seul mois de décembre qui marque le début de la grève à la RATP, les chutes de fréquentations sont impressionnantes: -25% au Grand Palais, -50% pour les musées de la Ville de Paris, -40% à Pompidou.

Même sanction pour les boutiques dans les musées. "Il y a des musées où l'on a constaté une diminution jusqu'à un tiers du chiffre d'affaires dans certaines boutiques", explique Emmanuel Marcovitch, directeur-général délégué de la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais.

Olivier Chicheportiche avec AFP