BFM Business

Le Metropol, hôtel russe historique, est vendu

La façade en mosaïque du Metropol est considérée comme un chef d'oeuvre d'Art Nouveau

La façade en mosaïque du Metropol est considérée comme un chef d'oeuvre d'Art Nouveau - -

L’un des plus prestigieux hôtels de Moscou a été vendu aux enchères ce 31 août. La mairie de la capitale russe qui en était propriétaire, préserve ainsi son patrimoine architectural sans avoir à en payer le coût.

La société Okhotny Ryad Deluxe s’est offerte, un pan entier de l’histoire russe. Un témoin du passé qui coûte cher : cette filiale de l’exploitant actuel de l’hôtel Metropol l’a acquis aux enchères ce vendredi pour 275 millions de dollars. Il faut dire que le bâtiment, considéré comme un chef-d’œuvre du style Art Nouveau, avec sa façade en mosaïque et sa collection de peintures rares a de quoi séduire un investisseur.

Dans une ville connue pour avoir des chambres d'hôtels parmi les plus chères au monde, investir dans l'hôtellerie est stratégique. Surtout quand il s’agit d’une propriété de 40 000 mètres carrés, dotée de 362 chambres, à quelques pas du célèbre Théâtre du Bolchoï.

Une situation exceptionnelle qui se paie : la chambre simple est à 450 dollars la nuit. Les tarifs peuvent même monter jusqu'à près de 3000 dollars pour la suite présidentielle, agrémentée d’un sauna privé et d’un piano.

Lénine y a harangué les foules à l'époque de l'URSS

Outre son faste, l'hôtel a hébergé en son sein tout ce que le 20ème siècle a connu de figures historiques. Lénine y a par exemple donné ses plus célèbres discours. Puis à la chute de l'Union soviétique, le Metropol est rénové et devient l'un des tout premiers hôtels 5 étoiles de Russie. Des célébrités comme Marlène Dietrich, le banquier milliardaire David Rockefeller, ou encore Michael Jackson, et des politiques comme Jacques Chirac et Barack Obama ont séjourné dans l'une de ses 72 suites.

Dès lors, on comprend mieux que le nouveau propriétaire ait accepté sans difficultés de s'engager à conserver le bâtiment dans son intégralité. C’était d’ailleurs une condition sine qua non, pour la ville de Moscou, à la vente d'une partie de son patrimoine. La municipalité a entrepris il y a plusieurs années un vaste programme de privatisation de ses biens immobiliers. Un moyen de déléguer la conservation de son patrimoine historique à des entrepreneurs privés qui, eux, ont les moyens d’assurer leur conservation.

Isabelle Gollentz