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Le champion de roller Taïg Khris perd son procès contre le fisc français

Taïg Khris faisant la promotion de la marque de chaussures de sport Airwalk

Taïg Khris faisant la promotion de la marque de chaussures de sport Airwalk - AFP

Le champion de roller grec a été redressé par le fisc français à hauteur de 278.091 euros, somme perçue auprès d'annonceurs dont il faisait la publicité. Exilé fiscal à Monaco, Taïg Khris estimait ne pas avoir à déclarer ces revenus.

Las! Après sept ans de procédure, Taïg Khris a définitivement perdu son procès contre le fisc. Le Conseil d'Etat vient de rejeter son recours, comme l'avaient fait précédemment le tribunal administratif, puis la cour d'appel (cf. jugements ci-dessous).

Le champion de roller avait subi un contrôle fiscal en 2010 puis avait été redressé à hauteur de 278.091 euros, se voyant notamment infliger une pénalité de 10%. Le redressement portait sur des rémunérations versées entre 2006 et 2009 par une agence de publicité (Mc Cann Erickson) et des marques (Red Bull, NL International, Royer et sa filiale Park Avenue Sport).

En retour, TaÏg Khris faisait leur publicité. Il a ainsi promu des produits de beauté, la boisson BeautySané de NL, ou les chaussures de sport Airwalk de Royer, qui lança même une basket à son nom. Or Taïg Khris "n'avait pas mentionné sur sa déclaration les bénéfices non commerciaux correspondant", indique le jugement.

Exil fiscal monégasque

Pour se défendre, l'athlète arguait qu'il n'était pas citoyen français, mais grec, comme sa mère. Et qu'en 2006, il n'était pas résident fiscal français mais monégasque. Mais cela n'a pas convaincu la justice, qui a observé qu'il était à l'époque domicilié à Paris, et que les rémunérations provenaient de sociétés ayant leur siège en France. "Taïg Khris ne verse aux débats aucun élément permettant de prouver, au contraire des ses déclarations, qu’il aurait exercé ces activités depuis la principauté de Monaco", relèvent les juges.

Taïg Khris a argué "ne percevoir aucun revenu de son activité de sportif", et que "ses revenus proviennent de recettes publicitaires qui sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, et non des bénéfices non commerciaux", comme l'estimait le fisc. La justice lui a donné raison sur ce point technique, sans que cela ne change rien au redressement: les juges ont estimé qu'"une telle erreur [du fisc] est sans incidence sur la régularité" du redressement.

Rappelons qu'en 2014, Taïg Khris a créé une start-up dans les télécoms, OnOff Telecom. Peut être échaudé par ses démêlés avec le fisc français, il l'a implanté en Estonie... Précédemment, il avait créé d'autres sociétés: TK 9 (créé en 2009), Taïg Khris Immo 1 (créé en 2011) et The Mega Jump Company SARL (fermé en 2016).

Contacté, Taïg Khris n'a pas répondu.

Jamal Henni