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La Française des Jeux cherche "le Candy Crush de demain"

Stéphane Pallez est devenue PDG de la FDJ en octobre 2014.

Stéphane Pallez est devenue PDG de la FDJ en octobre 2014. - AFP- Kenzo Tribouillard

"L'entreprise publique qui a rapporté 3 milliards d'euros à l'État en 2015 cherche à se moderniser en s'inspirant des "casual games". Objectif: rajeunir et féminiser sa clientèle."

La Française des Jeux veut séduire les jeunes. C’est bien connu, son client type est un homme, plutôt âgé. Et le nombre de joueurs diminue année après année. Par rapport à 2010, ils sont un million de moins à gratter un ticket ou à faire valider la grille qui peut leur faire gagner des millions. L’entreprise publique a donc lancé depuis plusieurs mois des actions afin de trouver "le Candy Crush de demain".

13 millions d’euros investis dans via le fonds Partech Ventures pour s’ouvrir aux start-up, visite en Israël, organisation d’un hackathon… L’éditeur du Loto multiplie les pistes pour innover. Il finance sa transformation numérique grâce à une enveloppe globale de 500 millions d’euros, à investir sur 5 ans.

"Notre ambition est de continuer à recruter des clients, en particulier au sein de la jeune génération", a expliqué Stéphane Pallez, la PDG du groupe, ce jeudi matin sur BFM Business.

La Française des Jeux a noué des partenariats, notamment avec Asmodée, l’éditeur des jeux Jungle Speed et Time’s Up!. En octobre, elle a lancé ses deux premiers jeux 100% numérique: "Gare O Loup" et "La Ruée vers l’or". À partir de l’année prochaine, le FDJ ambitionne de proposer des "jeux hybrides", c'est-à-dire pour lequel il faut gratter un ticket puis continuer sur une tablette ou un smartphone. "On cherche à créer de nouveaux types de jeux qui s’inspirent des casual games", insiste la PDG de la FDJ.

Résultat record

Stéphane Pallez n'en démord pas: "Quand on est une entreprise qui cherche à toucher potentiellement tous les Français, il faut beaucoup d’innovations, il faut plusieurs lignes car on ne sait pas où l’on va attraper le poisson". À la FDJ, innovation rime donc avec numérique. Lors de la présentation de son plan de transformation, l’entreprise s’est fixé pour objectif de réaliser 20% de "mises numérisées" d'ici à 2020, rappelait La Tribune en octobre.

Pour l’heure, ses résultats sont bons. La Française des Jeux a dégagé un bénéfice net record de 159 millions d’euros sur l’exercice 2015 pour 13,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un résultat inédit depuis 2005, bon pour l’État, qui -grâce aux prélèvements sur les mises et aux dividendes-, a empoché quelques 3 milliards d’euros.

Adeline Raynal