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La F1 rattrapée par la crise

Verra t-on encore des courses de F1 en Europe dans les années à venir?

Verra t-on encore des courses de F1 en Europe dans les années à venir? - -

La Formule 1, catégorie reine du sport automobile, est elle aussi rattrapée par la crise. L’engouement autour des courses ne faiblit pas, mais certains circuits ou écuries ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts.

"Nous sommes dans une situation difficile" a affirmé Nico Hülkenberg, pilote allemand de l’écurie suisse Sauber F1, jeudi 4 juillet. Figure historique du championnat du monde de Formule 1, est réputée pour sa rigueur budgétaire, à l’image de son fondateur, Peter Sauber. La firme, basée à Hinwil en Suisse, et employant 300 salariés tout au long de l’année, aurait de plus en plus de mal à payer ses fournisseurs ainsi que son pilote non-payant Hülkenberg.

Sauber n’est pas un cas isolé en F1, la prestigieuse écurie britannique Williams dirigée par Sir Franck Williams et désormais sa fille Claire, est également touchée par la crise économique. Championne du monde à plusieurs reprises au cours des années 90, la société basée à Grove en Angleterre, emploie toujours plus de 600 personnes.

Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 20% à 124 millions de livres, la holding Williams Grand Prix a annoncé une perte de cinq millions de livres au printemps dernier.

Que dire également des petites écuries Caterham et Marussia qui en plus de ne pas pouvoir lutter sportivement, ont les pires difficultés du monde à finaliser leurs budgets chaque saison.

Les circuits traditionnels du Vieux Continent en danger ?

En plus des écuries, certains circuits historiques ont de plus en plus de mal à satisfaire les desideratas financiers du tout-puissant président de la Formula One Management (FOM), Bernie Ecclestone qui gère la promotion des grands prix.

L’exemple du circuit du Nürburgring, où se dispute la prochaine manche du championnat du monde ce week-end, en Allemagne, est saisissant. Le circuit est en redressement judiciaire depuis un an et en vente depuis la mi-mai. Il se murmure que le grand argentier de la F1 aurait offert cette année « le plateau » au tracé allemand soit un cadeau de 14 millions d’euros.

Avant cela, le circuit de France de Nevers Magny-Cours dans la Nièvre avait connu le même sort en 2008, faute de pouvoir financer les demandes de la FOM.

Depuis plusieurs années, la F1 a tendance à s’exporter vers les pays émergents (Russie, Corée) ou vers des destinations clinquantes…en 2014 le GP du New Jersey verra le jour, en face de New York et de donc Wall Street : les traders aiment les crises, ils vont adorer la F1.

Vincent Flaviano