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L'effondrement du tourisme français lié au terrorisme risque de durer

Le repli du tourisme à Paris a été de 6% au premier semestre

Le repli du tourisme à Paris a été de 6% au premier semestre - Jacques Demarthon - AFP

Dans une étude parue ce mardi 20 septembre, le cabinet KPMG souligne que la région parisienne a connu une baisse de fréquentation de 6,4% au premier semestre 2016 et prévient que les attentats auront un impact durable.

Le gouvernement se démène comme il peut pour relancer le tourisme. La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères a encore débloqué 10 millions d'euros pour promouvoir la France. Jean-Marc Ayrault compte toujours attirer 100 millions de touristes en France d'ici 2020. Un objectif pour le moins ambitieux. Selon une étude (*) du cabinet KPMG publiée le mardi 20 septembre le tourisme français risque d'être en berne pendant longtemps. Si la France conserve son statut de première destination touristique, avec 84,5 millions de touristes en 2015, elle est en effet sur la mauvaise pente, en raison des attentats.

Un "impact durable"

"Si les événements de janvier 2015 ont eu un impact limité dans le temps –également compensé par la clientèle "affaires" ainsi que par les bonnes performances loisirs durant l'été– les attentats du 13 novembre 2015 ont fortement dégradé l'attractivité de la capitale et de la France auprès des clientèles internationales et domestiques", note KPMG.

Le cabinet révèle ensuite que la fréquentation touristique s'est repliée de 6,4% au premier semestre 2016 à Paris et en Île-de-France. Ce en dépit de l'Euro 2016 "qui n'aura pas eu un impact suffisant pour compenser les mauvaises performances du début d'année et le repli des clientèles étrangères (américaines et asiatiques essentiellement)".

La faute, là encore, au "contexte d'insécurité accru" dû aux attentats de 2015 et de Nice en juillet dernier. KPMG considère que ces tragiques événements "auront un impact durable sur l'image de la destination France". Le cabinet considère ainsi que "le recul de fréquentation sans précédent" qui s'annonce pour 2016, "devrait perdurer".

"L'impact sans précédent des attentats sur la fréquentation et les recettes touristiques dans des régions clés pour le tourisme français (Île-de-France, Côte d'Azur) pourrait avoir des conséquences se propageant à l'ensemble des composantes de l'industrie dès mi-2016 et 2017, notamment sur l'investissement et le volume transactionnel en France", conclut Stéphane Botz, associé KPMG responsable du pôle Real Estate & Hotels.

(*) Étude menée sur un panel de 3.000 hôtels représentant 240.000 chambres soit 42% du parc français

J.M.