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L'audiovisuel attire toujours malgré la crise

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Les médias et l'audiovisuel attirent depuis toujours. Pourtant, ces secteurs sont touchés de plein fouet par la crise. Mais cela ne décourage pas les vocations. Témoignages.

Alexis, étudiant à l'Esra

Dès le collège, j'ai été intéressé par l'image. Je voulais d'abord être photographe, puis au lycée j'ai décidé de faire une école de cinéma. Je pensais d'abord à devenir réalisateur, mais finalement, je ne pense pas être suffisamment artiste pour cela. Je m'oriente donc vers la production.

J'ai conscience que c'est un milieu difficile, et que la concurrence est rude. Je ne connais personne dans le milieu, ce qui est un petit handicap, car les réseaux sont importants.

J'ai donc un peu peur de galérer, même si j'ai trouvé des stages sans problèmes jusqu'à présent. Mais, tant qu'à galérer, autant le faire pour quelque chose qui en vaille la peine. Et mes parents me soutiennent à fond, et financent mon école. Je me donne donc quelques années pour réussir à en vivre. Au pire, je pourrai toujours me reconvertir si cela ne marche pas.

Paul, journaliste à Non Stop People

Je voulais m'orienter vers le sport, car j'étais passionné de football. J'ai donc intégré l'IEJ (Institut européen de journalisme), pensant d'abord faire de la communication ou de l'événementiel sportif. Mais je me suis rendu compte que j'étais plus motivé par le journalisme. J'ai fait de nombreux stages, piges et CDD comme journaliste sportif: à Canal Plus, Infosport, iTélé, L’Equipe 21, à l'hebdomadaire Le Foot, et chez Dailymotion comme présentateur d'une émission quotidienne (le DailySport). J'ai rapidement fait de l'antenne, j'étais assez à l'aise face au micro ou à la caméra, et j'y ai pris goût. Mais j'ai voulu m'éloigner de l'information sportive, car j'avais peur de la répétition et de la monotonie. J'ai voulu me rapprocher du divertissement: à la rentrée 2012, j'ai été embauché par la chaîne Non Stop People pour présenter la matinale.

Je suis tenté par l'animation: je voudrais montrer que j'ai de la répartie, et j'aime l'exercice de l'interview pour sa part d'imprévu. Mais, hélas, je ne pense pas avoir la patience de Cyril Hanouna, qui a attendu l'âge de 38 ans avant de s’imposer.

Au final, je regrette un peu que ce travail soit si prenant pour un salaire pas très élevé. Mais j'ai eu la chance de ne pas trop galérer. Je suis conscient qu'il y a 8 chances sur 10 pour que je ne devienne pas le nouveau Ruquier ou Ardisson. Mais je m'en voudrais de ne pas avoir tenté l'aventure

Romain, photographe

Je n’ai pas de formation de photographe, comme la plupart des photographes. Ce n’est pas handicapant, car on n’est pas jugé sur son diplôme mais sur ses photos. Ma seule école, c’est l’école de la rue. J’ai démarré en faisant des photos sur la plage, puis de concerts, puis de manifestations politiques.

Aujourd’hui, je gagne à peine le SMIC, soit trop peu pour vivre. Il faut que je fasse un petit boulot à côté pour m’en sortir. J’ai plusieurs fois envisagé d’abandonner, et c’est ce que me recommandent les plus anciens.

Mais j’aime tellement ça que je m’accroche. C’est un métier très varié, où l’on est au cœur de l’événement, où l’on rencontre ceux qui font l’actualité, et où tout peut toujours arriver…

Renaud, assistant de production

Je souhaitais travailler dans le cinéma depuis le début du lycée, même si j'avais conscience à cette époque que ce serait difficile. Après le bac, j'ai intégré l'ESEC (Ecole supérieure d'études cinématographiques) dont j'ai été diplômé en 2013. En sortant, j'ai trouvé du travail dans la société de production dans laquelle j'avais été stagiaire.

Je n'ai donc pas galéré jusqu'à présent, j'ai conscience d'avoir eu beaucoup de chance, car tout le monde n'a pas encore trouvé du travail dans ma promotion. Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent travailler dans le cinéma, trop par rapport à ceux qui partent en retraite. C'est pour moi un des derniers secteurs où une promotion sociale est possible en partant du bas.

Par ailleurs, il y a aussi de plus en plus d'offre de travail, car le besoin d'images est de plus en plus important : télévision, publicité… On peut donc y trouver du travail si on se bat pour ça.