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JO de Sotchi: la Compagnie des Alpes fait du business en Russie

La station de ski de Rosa Khutor a été créée à partir de rien pour les JO de Sotchi, en moins de sept ans.

La station de ski de Rosa Khutor a été créée à partir de rien pour les JO de Sotchi, en moins de sept ans. - -

Le groupe qui exploite des stations de ski a obtenu la gestion d'une nouvelle station russe, créée de toutes pièces pour les Jeux Olympiques de Sotchi qui auront lieu dans à peine 100 jours. Mais avec Rosa Kuthor, la Compagnie des Alpes voit plus loin que les JO.

A une centaine de jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, en Russie, le 7 février 2014, la majorité des sites est loin d'être prête à recevoir les athlètes.

L'un d'entre eux sort du lot, exclusivement géré par le secteur privé: la rutilante station de ski de Rosa Kuthor. C'est là que se dérouleront les épreuves de ski alpin, de free style, et de snow board. Et c'est une entreprise française, la Compagnie des Alpes (CDA), qui en a obtenu la concession, bien au-delà des JO, pour 25 ans.

L'entreprise, filiale de la Caisse des dépôts, a obtenu le contrat en octobre 2010. Depuis, ses équipes ont investi cette localité située à 60 kilomètres de Sotchi, où ont fleuri en moins de 10 ans des hôtels flambants neufs, des restaurants, des boutiques. De quoi recevoir environ 9.000 personnes là où, il y a sept ans, ne se dressaient que des sapins de la forêt primaire du Caucase.

110.000 visiteurs en été

La Compagnie des Alpes va donc s'occuper jusqu'en 2035 de l'exploitation du domaine skiable, de la promotion de la station, de l'installation et de la gestion des grands équipements comme les remontées mécaniques, le système de neige artificielle et de déclenchement des avalanches...

Quand la CDA est arrivée en 2010 à Rosa Kuthor "tout restait à faire sur le domaine skiable", explique Jean-Marc Farini, son directeur français, devenu manager général de la station. Son staff a installé 16 remontées, dégagé 77 kilomètres de pistes, mis en place un système de neige de culture. Tout pour faire de l'enclave une "station de standard européen".

L'idée: exploiter un potentiel que Jean-Marc Farini qualifie d'"important". 110.000 visiteurs ont déjà été comptabilisés rien qu'à l'été 2013, alors qu'il n'était pas possible de skier. Un début plus qu'encourageant.

La Compagnie vise en particulier la nouvelle classe moyenne russe, et celle des anciens blocs de l'URSS. De jeunes actifs, des familles. Un "segment relativement démocratique, puisqu'il a les moyens de pratiquer des sports d'hiver", précise Jean-Marc Farini. "En tout cas, insiste le manager général la station, ce n'est pas, comme on peut le lire parfois, le Courchevel du Caucase".

Nina Godart