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Hôtellerie: la Bretagne fait le plein, Paris souffre toujours

Invité sur le plateau de Good Morning Business, le président du Groupement National des Chaînes Hôtelières (GNC) Jean-Virgile Crance est revenu sur la situation difficile des hôtels en France. Si le littoral profite de la saison estivale, l'hiver s'annonce rude, prévient-il.

Les hôtels français ne sont pas tous logés à la même enseigne. Avec le confinement et la chute brutale de l'activité touristique étrangère, la capitale souffre particulièrement du manque de voyageurs. Du 1er au 25 juillet, Paris a ainsi affiché "un taux d'occupation de 34%" témoigne le président du Groupement National des Chaînes Hôtelières (GNC) Jean-Virgile Crance sur le plateau de Good Morning Business, ce mercredi. Du côté de la RevPAR (Revenue Per Available Room), le meilleur indicateur de performance du secteur, il a baissé de "73% par rapport à l'année dernière".

A l'opposé, la région Bretagne "est celle qui tire le mieux son épingle du jeu" avec un taux d'occupation de 64% et une baisse de RevPAR "qui n'est que de 4%." Donc, "une situation très inégale" à l'échelle du territoire.

Les disparités ne sont pas que régionales, les catégories d'hôtels sont aussi un critère de distinction. "L'hôtellerie très économique s'en sort plutôt mieux que l'hôtellerie haut de gamme et de luxe, qui elle, travaille beaucoup plus avec la clientèle internationale" souligne Jean-Virgile Crance.

Prolonger les aides jusqu'en mars

De là à concentrer les aides sur les établissements actuellement en difficulté? "L'activité touristique fait aussi que vous avez un certain nombre d'établissements (…) qui vont générer une part importante de leur chiffre d'affaires sur un temps réduit. Pour autant, si les trésoreries ne sont pas là, c'est extrêmement difficile de passer la période d'hiver" prévient le patron du groupement.

Selon lui, il faut donc prolonger les aides en vigueur et notamment le dispositif de chômage partiel covid-19 mis en place dans la filière, censé s'interrompre à la fin du mois de septembre. Pour le GNC, cette mesure doit tenir jusqu'en mars prochain. "Nous sommes une activité de cycle, nous avons besoin d'accompagner les entreprises avec une reprise qui va se faire progressivement" insiste Jean-Virgile Crance qui souhaite aussi la poursuite de 'l'exonération des charges sociales et patronales sur les mois qui viennent", ainsi que le report des échéances bancaires "pour oxygéner les trésoreries".

Plus tard dans la matinée, le secrétaire d'Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne a finalement annoncé la prolongation jusqu'en décembre du dispositif de chômage partiel.

Thomas Leroy