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France Télévisions: moins d'un quart de grévistes selon la direction

La direction (ici le PDG  Rémy Pflimlin) "reste dans sa bulle technocratique", accusent les syndicats

La direction (ici le PDG Rémy Pflimlin) "reste dans sa bulle technocratique", accusent les syndicats - -

Selon la direction, moins d'un quart des salariés a suivi le mot d'ordre de grève lancé par les syndicats pour protester contre le plan de suppressions de postes. Le SNJ-CGT parle de 35% à 40% de grévistes.

A la mi-journée ce jeudi 7 novembre, "moins de 25%" des salariés de France Télévisions étaient en grève, soit "légèrement moins" que lors la grève du 18 décembre 2012, indique la direction. Le SNJ-CGT parle de "35% à 40%" de grévistes, soit plus qu'en décembre 2012.

La grève est le plus suivie par les journalistes: 37% étaient grévistes selon la direction, et 50% à 90% selon le SNJ, pour qui c'est la plus forte mobilisation depuis 2009. Chez les non-journalistes (personnels techniques et administratifs), le taux de grévistes est de 18,4%, selon la direction, et de de 35% à 70% selon le SNJ.

Un rassemblement était prévu à 14h place du Palais royal à Paris, à côté du ministère de la Culture, où une délégation des syndicats doit être reçue à 15h30.

Perturbation des programmes

Selon la direction, les antennes ne devraient être que modérément perturbées. Les journaux d'informations de 13h et 20h sur France 2 "devraient être assurés". Sur France 3, "les téléspectateurs auront de l'information régionale et nationale dans le 12/13 et 19/20, mais il est possible que cela soit dans une version allégée". En revanche, aucun JT ne devrait passer sur France O. Le reste des émissions devrait être normalement diffusé.

Mais le SNJ-CGT donnait une version plus sombre: "le tournage de Télématin sur France 2 a été délocalisé en régie finale et assuré en mode très dégradé. A France 3, la plupart des éditions et des émissions de programme ont été supprimées comme à Marseille, Amiens, Grenoble, Lyon, Nice, Toulouse, Reims, Caen, Rouen, Dijon, Poitiers, Nancy, Montpellier, Bordeaux, Lille, etc. A la régie finale de France 3, aucune édition n’est fabriquée aujourd’hui".

De son côté, le SNJ assure que "la plupart des journaux sont supprimés ou perturbés".

"La direction reste dans sa bulle technocratique"

Les syndicats de France Télévisions (CGT, CFDT, FO, SNJ) protestent contre le plan de départs volontaires présenté par la direction.

"La direction reste dans sa bulle technocratique et les négociations patinent. La direction avance tel un rouleau compresseur, avec une indifférence coupable. Elle exécute le sale boulot qu’elle a présenté aux ministères de tutelle pour rester coûte que coûte à la tête de l’entreprise, et alors que ses partis pris éditoriaux sont loin de faire l’unanimité…", accuse un communiqué commun de l'inter-syndicale paru mercredi soir.

600 postes menacés, selon les syndicats

Le plan de départs volontaires présenté par la direction le 15 octobre porte sur 361 postes non remplacés, dont 90 de journalistes, dans toutes les branches du groupe.

Dans leur communiqué commun, les syndicats accusent: "la direction ment effrontément quand elle prétend ne supprimer 'que' 361 postes. En réalité, elle a d’ores et déjà 'nettoyé' les postes vacants sur les organigrammes (ceux qui sont actuellement occupés par des CDD). Il s’agit plutôt d’un plan menaçant plus de 600 emplois. De plus, ce sont des centaines de salariés précaires qui sont déjà (ou qui vont se retrouver) à Pôle emploi. La direction reconnaît elle-même avoir déjà 'économisé' au 30 juin 500 emplois équivalents temps pleins sur les CDD".

Jamal Henni