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Formule 1: l'écurie de Jules Bianchi fait faillite

L'écurie Marussia n'avait pu participer aux derniers Grand Prix des Etats-Unis

L'écurie Marussia n'avait pu participer aux derniers Grand Prix des Etats-Unis - Alexander Nemenov - AFP

Marussia, l'équipe dont Jules Bianchi est l'un des deux pilotes, a été placée en liquidation judiciaire, ce vendredi 7 novembre. Un épisode qui souligne un peu plus les difficultés pour les petites écuries à survivre en F1.

L'agonie continue de plus belle pour l'écurie de Jules Bianchi, le pilote français de F1 toujours plongé dans le coma depuis un violent accident le 5 octobre dernier. Son équipe Marussia s'est déclarée en liquidation judiciaire ce vendredi 7 novembre. 

L'écurie avait été placée sous administration judiciaire le 26 octobre dernier, et connait d'importants problèmes de trésorerie . Elle fait face à une dette de 30 millions de livres (environ 38 millions d'euros), selon Sky Sports. Ces difficultés financières avaient obligé l'équipe à ne pas concourir lors du dernier Grand prix des Etats-Unis à Austin, dimanche dernier.

D'autres équipes fragilisées

Une péripétie d'autant plus cruelle que l'écurie effectuait jusqu'ici la meilleure saison de son histoire.

Grâce aux points marqués par Jules Bianchi au Grand prix de Monaco, Marussia pointait au neuvième rang au classement des constructeurs, devant Sauber et Caterham, qui s'est elle aussi placée sous administration judiciaire.

L'administrateur judiciaire de Caterham a trouvé une solution provisoire mais pour le moins originale: lancer une souscription sur internet pour que les fans apportent leur don. Il espère ainsi récolter environ 3 millions d'euros pour permettre à l'équipe de participer à la toute dernière course de la saison, à Abu Dhabi.

L'inégale distribution des revenus

La triste fin de Marussia s'inscrit dans la crise financière que connait actuellement la Formule 1. Si Caterham et Marussia n'ont pu s'aligner lors du dernier Grand prix, les équipes Lotus, Force India et Sauber ont elles envisagé de boycotter la course avant de se raviser. Elles comptaient ainsi dénoncer les inégalités dans la distribution des revenus entre les équipes.

"On n'est peut-être pas à 80% des revenus pour 20% des acteurs de la F1, mais on n'en est pas loin. Il y a quelque chose de fondamentalement mauvais dans la répartition actuelle", déclarait Gérard Lopez, le patron de Lotus, lundi dernier, cité par l'Equipe.

Monisha Kaltenborn, la patronne de Sauber, est sur la même longueur d'onde: "C'est quand même incroyable: nous avons des milliards de dollars de revenus. Et pourtant en tant que communauté sportive, nous sommes incapable d'arriver à garder en vie 11 équipes. Allez expliquer cela à quelqu'un", affirmait-elle fin octobre.

Un peu moins de la moitié des revenus générés par la Formule 1 sont redistribués aux écuries selon une règle complexe qui favorise néanmoins les "grosses" équipes telles que Red Bull, Ferrari ou encore McLaren. 

Devant la grogne des petites équipes, le grand argentier de la F1, Bernie Ecclestone a promis de trouver une solution. Un accord pourrait être noué dans les prochains jours pour donner à ces écuries une allocation leur permettant au moins d'avoir de quoi boucler leur budget.

Julien Marion