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Formule 1: Ferrari menace de quitter la course

Luca di Montezemolo pourrait faire rentrer la scuderia définitivement dans les stands.

Luca di Montezemolo pourrait faire rentrer la scuderia définitivement dans les stands. - -

Dimanche 22 juin a lieu le Grand Prix d'Autriche. Plusieurs voix pestent contre la nouvelle réglementation de la F1, et Luca di Montezemolo, le patron de Ferrari, a laissé entendre que son groupe pourrait abandonner la compétition en 2020.

De l'avis de certains observateurs, cette saison 2014 de Formule 1 offre un spectacle assuré, avec la guerre interne chez Mercedes entre les deux pilotes Nico Rosberg et Lewis Hamilton, qui n'est pas sans rappeler les duels entre Alain Prost et Ayrton Senna. Le Grand Prix d'Autriche, qui a lieu ce dimanche 22 juin, devrait encore être le théâtre d'un affrontement entre ces deux hommes.

Mais a contrario nombreux sont ceux qui estiment que la discipline reine a perdu de sa superbe avec la nouvelle réglementation, qui imposent des moteurs hybrides plus coûteux, moins rapides, et oblige les pilotes à économiser l'essence et les pneumatiques. Le président de Ferrari, Luca di Montezemolo, en fait partie. "La Formule 1 ne marche pas", déclarait-il le 13 juin dernier, cité par le Wall Street Journal.

"La discipline est sur le déclin car la FIA, [Fédération internationale du sport automobile, ndlr] a oublié que les spectateurs regardent la course pour l'émotion et l'adrénaline. Personne ne regarde la F1 pour l'efficacité [des voitures], personne ne veut voir un pilote économiser son essence et ses pneus. Les spectateurs veulent les voir se donner à fond. C'est un sport oui, mais c'est surtout un show", affirmait-il.

Attirer les partenaires commerciaux

Et Montezemolo de souligner que Ferrari pourrait, en 2020, abandonner la Formule 1, et se consacrer aux courses d'endurance: "bien sûr, nous ne pouvons pas faire de l'endurance et de la Formule 1. Ce n'est pas possible".

Depuis, Ferrari a tenté de nuancer les propos de son président. Le même jour, la Scuderia publiait un communiqué estimant que les médias avait interprété "à l'extrême" les paroles de Luca di Montezemolo, et évoquait "des pures spéculations".

Trois jours plus tard, le 16 juin, Ferrari a publié un nouveau communiqué dans lequel elle indique que Luca Di Montezemolo a écrit à Bernie Ecclestone, le grand argentier de la Formule 1 pour tenter de "faire sortir la F1 du mauvais tournant qu'elle semble avoir emprunté".

"La F1 doit se baser sur l'innovation technique, la recherche et le développement et tout ceci doit être fait avec des coûts soutenables et, par-dessus de tout, doit être placé dans le cadre d'un produit qui peut être un show. Car c'est le show qui attire les partenaires commerciaux, les sponsors et les fans qui sont les réels utilisateurs finaux du produit qu'est la Formule 1", plaidait Ferrari.

Google et Apple sollicités

"Ce n'est pas un ultimatum, ni une menace mais une proposition pour réunir tous les acteurs clefs de ce sport et les asseoir à une table et venir avec de nouvelles idées", précisait le constructeur italien qui ajoute que Luca di Montezemolo parle notamment de faire entrer dans le débat des entreprises comme Google et Apple.

A la décharge du patron de Ferrari, la Formule 1 semble moins faire recette. Selon le Wall Street Journal, les audiences télévisées ont souffert en 2013, passant de 500 à 450 millions de téléspectateurs dans le monde. Et selon Paul Hembery, directeur technique de Pirelli Motorsport, cité par autosport.com, "les audiences ont été, jusqu'ici (lors de cette saison 2014, ndlr) extrêmement décevantes, il n'y a pas de doute à cela".

La Formule 1 a jusqu'ici refusé de s'adapter aux nouveaux médias sociaux pour tenter de booster son audience. Bernie Ecclestone lui-même a estimé que ces médias "ne sont pas aussi bon que les gens le pensent". En amenant Google et Apple sur la table, Luca di Montezemolo relance le débat.

Julien Marion