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Football: le PSG, seul concerné par la taxe sur les hauts revenus?

Nasser Al-Khelaïfi, le président du Paris Saint-Germain, pourrait voir la facture fiscale s'alourdir.

Nasser Al-Khelaïfi, le président du Paris Saint-Germain, pourrait voir la facture fiscale s'alourdir. - -

Un rapport d'information parlementaire propose d'instaurer un statut particulier pour les clubs de football en grandes difficultés financières. Du coup, le PSG pourrait bien être le seul à payer la future taxe sur les hauts revenus

Si la future taxe à 75% sur les hauts revenus fait régulièrement l’objet de vives critiques de la part de la Ligue de football professionnel, elle pourrait finalement ne s’appliquer qu’à…un seul club, le PSG.

C’est en tout cas l’une des propositions contenues dans un rapport d’information parlementaire, sur la politique de soutien au sport professionnel et les solidarités avec le sport amateur qui vient d'^tre publié.

Dans un souci de ne pas affaiblir les finances des clubs de Ligue 1, déjà en proie à de nombreuses difficultés, les députés Régis Juanico (PS) et Guenhaël Huet (UMP) proposent en effet d’établir un statut particulier pour ces derniers.

PSG et Monaco "disposent de la surface financière suffisante"

Ils suggèrent d’abord d’éviter le principe de rétroactivité de cette taxe. Mais aussi de "n’appliquer cette contribution exceptionnelle qu’au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires qu’il reste à définir".

Car, selon eux, "s’il est vraisemblable que des clubs comme le Paris Saint-Germain, ou le cas échéant l’AS Monaco, disposent de la surface financière suffisante pour faire face à cette augmentation fiscale, il n’en est pas forcément de même pour les autres clubs du championnat français." I

ll n’est donc pas impensable que le "chiffre d’affaires à définir" ne concerne que les deux géants du championnat.

Réduction de la masse salariale des clubs

Joint par BFMBusiness.com, Régis Juanico confirme : "on sait que Lyon ou Marseille sont fragiles. Cela pourrait concerner effectivement le PSG. Pour Monaco, en revanche, ce n’est pas sûr, puisqu’on ne sait pas s’ils seront contributeurs de la taxe à 75%", en vertu de la convention fiscale franco-monégasque.

"Nous sommes dans une politique de réduction de la masse salariale des clubs. Mais certains pourraient être concernés s’ils fonctionnent avec un système de primes, comme à Saint-Etienne, en cas d’excellents résultats", ajoute-t-il.

Bercy serait ouvert

Interrogé sur une situation qui pourrait s’avérer discriminatoire, le député reconnaît que "les lois fiscales sont faites pour être équitables, mais bon…Dans ce cas précis, c’est une mesure de bon sens".

Les services de Bercy, qui n’ont toujours pas fixé les modalités d’application de la future taxe à 75%, ne seraient pas spécialement réticents, selon l’élu.

Le monde du football professionnel, lui, accueillerait "globalement de manière positive" cette mesure. Pas sûr, en revanche, que le club de la capitale ne lui réserve un accueil très enthousiaste.

Rapport solidarité Foot professionnel et amateur publié par BFMBusiness

Yann Duvert