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Couverture des attentats dans les médias: le CSA rejette les recours

Le président du CSA Olivier Schrameck

Le président du CSA Olivier Schrameck - Jacques Demarthon AFP

Le gendarme de l'audiovisuel vient de rejeter les recours gracieux déposés par 15 chaînes de radio et télévision, épinglés pour leur traitement des attentats de janvier.

Le gendarme de l'audiovisuel ne veut rien entendre. Le 12 février, le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) avait rappelé à l'ordre la quasi-totalité des radios et télévisions françaises pour leur couverture des médias de janvier. Précisément, le CSA avait adressé 15 mises en garde, et 21 mises en demeure.

Inquiètes pour l'avenir, les médias épinglés ont tous contesté cette décision, en déposant des recours gracieux devant le CSA. Las! Le gendarme de l'audiovisuel vient de tous les débouter.

Les chaînes ont désormais le choix entre jeter l'éponge, ou continuer la contestation en déposant un recours contentieux devant le Conseil d'Etat. Interrogés, BFMTV (à qui appartient ce site web), RMC, TF1, France Télévisions, Radio France, France 24, RFI, RTL et Euronews répondent ne pas avoir encore décidé de la suite. De leur côté, Canal Plus et Europe 1 n'ont pas répondu.

Comment informer en temps réel?

Sur le fond, le CSA reproche aux médias soit d'avoir diffusé des images trop dures, soit d'avoir données des informations potentiellement "préjudiciables" aux forces de l'ordre ou aux otages.

Ces reproches sont contestés par les médias sanctionnés, qui ont répondu via une lettre ouverte commune. Ce texte déplore que les sanctions du CSA "jettent le discrédit sur le travail des rédactions". "Dans quelle autre grande démocratie reproche-t-on aux médias audiovisuels de rendre compte des faits en temps réel?", ajoute le texte, qui rappelle que "l’information circule sans contrainte" sur internet, les chaînes étrangères, et dans la presse écrite.

Echelle de sanctions

Rappelons que le CSA dispose d'une large échelle de sanctions. La plus bénigne est la lettre, suivie de la mise en garde, puis de la mise en demeure, et enfin la sanction proprement dite. Celle-ci peut être la lecture d'un communiqué à l'antenne, une amende, la suspension de la diffusion provisoire ou définitive. En pratique, si une chaîne est mise en demeure, et réitère ensuite la même faute, le CSA peut (ou pas) passer au stade supérieur, et prendre une sanction. 

Les sanctions du CSA

TF1: 2 mises en garde et 2 mises en demeure

France 2: 2 mises en garde et 2 mises en demeure

France 3: 1 mise en garde 

France 5: 1 mise en garde

Canal Plus: 2 mises en garde 

iTélé: 1 mise en garde et 3 mises en demeure

LCI: 2  mises en garde et 3 mises en demeure

BFM TV: 2 mises en garde et 2 mises en demeure

RMC: 2 mises en demeure

France Inter: 1 mise en demeure

France Info: 1 mise en demeure

RTL: 1 mise en demeure

RFI: 1 mise en demeure

France 24: 1 mise en garde et 2 mises en demeure

Euronews: 1 mise en garde et 1 mise en demeure

Source : CSA

Jamal Henni