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Adidas: Bernard Tapie joue la surenchère

Bernard Tapie demande des indemnités de 1 milliard d'euros, fidèle à sa logique selon laquelle il aurait obtenu beaucoup plus que les 400 millions de l'arbitrage devant un tribunal classique.

Bernard Tapie demande des indemnités de 1 milliard d'euros, fidèle à sa logique selon laquelle il aurait obtenu beaucoup plus que les 400 millions de l'arbitrage devant un tribunal classique. - AFP

Après l'annulation de l'arbitrage, la Cour d'appel de Paris devra déterminer si Bernard Tapie mérite ou non des indemnités dans le cadre de cette affaire qui remonte aux années 90. Lui réclame…. jusqu'à plus d'1 milliard d'euros.

L'Affaire Tapie revient devant la Justice... Après l'annulation de l'arbitrage en février dernier, l'affaire commence à être examinée ce mardi devant la Cour d'Appel de Paris et elle rendra sa décision le 3 décembre. C'est elle qui devra juger si Bernard Tapie a bien été escroqué par le Crédit-Lyonnais lors de la vente d'Adidas. L'homme d'affaires, lui, a décidé de jouer la surenchère. Il réclame entre 516 millions et 1,174 milliard d'euros à l'Etat.

Finalement, il poursuit dans sa logique. A ceux qui contestaient les 400 millions d'euros qu'il avait obtenus dans le cadre de l'arbitrage, il a toujours rétorqué qu'il aurait pu obtenir bien plus devant une cour classique.

C'est donc 1 milliard qu'il réclame désormais. Un montant calculé par son nouvel avocat, Emmanuel Gaillard, l'un des spécialistes mondiaux de l'arbitrage. Selon lui, c'est le montant que Bernard Tapie aurait dû toucher pour la vente d'Adidas si le Crédit-Lyonnais avait agi en toute transparence. Son avocat assure détenir un nouveau document qui prouve qu'il a bien été floué.

"Du délire pur et simple"

"1 milliard, c'est du délire pur et simple", estime pour sa part l'un des avocats de l'Etat, pour qui "Bernard Tapie n'a aucune chance d'obtenir une telle somme". Car si l'arbitrage est remis en cause, le plafond fixé lors du compromis, lui, tient toujours, avance-t-il. Ce qui signifie concrètement selon lui, que Bernard Tapie ne peut pas obtenir plus de 295 millions d'euros, hors intérêts.

Pour rappel, l'ancien président de l'OM demande réparation pour la revente d'Adidas par le Crédit Lyonnais, qu'il accuse de l'avoir floué au début des années 1990. Pour lui, le Crédit Lyonnais et ses filiales se sont enrichies frauduleusement et à ses dépens dans l'opération de revente de l'équipementier sportif à Robert Louis-Dreyfus, puis de mise en Bourse de l'équipementier sportif. Des accusations qui seront contestées à l'audience par le CDR, l'organisme qui gère l'héritage du Lyonnais. La cour devrait rendre sa décision avant la fin de l'année.

Caroline Morisseau avec AFP, édité par N.G.